Super Channel Vault re Friday the 13th: Part VII, Saw 3D, Pet Sematary, Zero Dark Thirty & Super Channel Fuse re A Cure for Wellness & GINX eSports re The First Hour, Squad, GINX Plays

COMITÉ DÉCIDEUR ANGLOPHONE
Décision CCNR 20.1920-0907
2020 CCNR 3
8 juillet 2020
S. Courtemanche (Présidente), S. Crawford, K. Gifford, P. Gratton, R. Hutson, S. Makela

LES FAITS

La correspondance

Le 14 novembre 2019, le CCNR a reçu la plainte d’un téléspectateur signalant plusieurs émissions diffusées sur Super Channel Vault, Super Channel Fuse et GINX eSports TV Canada qu’il jugeait préoccupantes. Super Channel est une station canadienne de télévision payante qui offre les trois canaux en multiplex. Cela signifie que Super Channel détient une seule licence de radiodiffusion mais que, du point de vue du téléspectateur, les trois canaux correspondent à trois différents numéros sur leur appareil et diffusent aux mêmes heures des émissions complètement différentes.

Le plaignant énumérait 15 différentes émissions; les motifs de plainte étaient liés à la présentation de contenu violent, de langage grossier et de sexualité explicite en plein jour. Il mentionnait aussi les mises en garde et la classification pour quelques-unes d’entre elles. Pour des raisons de nature administrative, le CCNR n’a pas été en mesure d’obtenir copie de toutes ces émissions. L’une des raisons est que les coordonnées qu’il détenait pour communiquer avec les employés de Super Channel responsables des plaintes acheminées par le CCNR n’étaient plus valides. Dans un courriel daté du 2 décembre, Super Channel a toutefois confirmé avoir en main huit des émissions couvrant la période du 31 octobre au 14 novembre. Plus tard dans le mois lorsque le CCNR a demandé à Super Channel de lui faire parvenir copie de toutes les émissions pertinentes, Super Channel a été en mesure de fournir une copie officielle et complète (ce qu’on appelle des « fichiers-témoins » ou « fichiers vidéos ») pour certaines, mais pas toutes les émissions qu’on lui demandait.

Le 19 décembre, Super Channel a écrit au plaignant pour répondre aux points soulevés à l’égard des trois canaux. Le radiodiffuseur a rappelé qu’il était un service de télévision payante. Il a affirmé avoir fourni toutes les mises en garde et toutes les cotes de classification appropriées au début de chaque émission, tout en avouant qu’il [traduction] « semble que la confection des horaires ait fait en sorte qu’un contenu délicat a été diffusé avant le début des heures tardives de la soirée comme prescrit ». Il a ajouté qu’il prenait « des mesures pour que ce genre d’erreur ne se reproduise pas ».

Le 19 décembre, le plaignant a déposé sa demande de décision pour que le CCNR entreprenne l’examen de sa plainte. (La correspondance complète figure à l’annexe A, en anglais seulement.)

Les émissions

Les émissions suivantes ont été examinées dans le cadre de la présente décision (pour une description détaillée de ces émissions, voir l’annexe B, en anglais seulement):

Super Channel Vault

Friday the 13th: Part VII – The New Blood

31 octobre 2019 à 16 h 45

Super Channel a été incapable de fournir le fichier-témoin officiel de ce film; le CCNR n’a donc aucune information quant aux mises en garde ou au classement fournis pour l’émission. Super Channel a néanmoins déposé une copie de visionnement.

Friday the 13th est une série de films d’horreur dont le personnage central, un tueur psychotique nommé Jason Voorhees, porte un masque de hockey lorsqu’il effectue ses tournées meurtrières autour du lac Crystal où l’on croit qu’il a trouvé la mort étant enfant. Ce volet de la franchise date de 1988. Le récit gravite autour de Tina Shepard, qui est dotée de pouvoirs psychokinétiques. Dans son enfance, les pouvoirs qu’elle détient ont entraîné la mort de son père au lac. Sa mère et son psychiatre, le Dr Crews, ramènent Tina, devenue adolescente, dans le chalet familial au bord du lac parce que le Dr Crews prétend que cela aidera Tina à se débarrasser de sa culpabilité quant à la mort de son père. Dans la maison voisine, un groupe d’adolescents est réuni pour une fête d’anniversaire surprise qu’ils préparent à leur ami.

Comme à l’habitude pour cette série de films d’horreur, celui-ci est truffé de scènes où Jason attaque les différents personnages avec des couteaux et autres objets tranchants. L’image du sang qui gicle ou s’écoule d’une blessure est récurrente. Le corps de ses victimes est souvent découvert plus tard, pendu ou cloué à un arbre de façon macabre; il abandonne aussi une tête humaine dans le chalet des adolescents. Pendant tout le film, Jason porte des vêtements sombres en lambeaux qui laissent voir les os de son dos. Ses attaques sont précédées d’effets sonores sinistres, qui sont la signature de la série. Jason lui-même va être électrocuté, étranglé, brûlé, blessé par balles et transpercé de clous et, à un moment donné, son masque de hockey se détachera pour révéler un visage en décomposition avancée, une peau grisâtre, des yeux injectés de sang, des trous à la place du nez et de rares dents jaunes désalignées.

Il y a des scènes de nudité et de sexualité : un couple d’adolescents copule dans une camionnette; on voit les fesses et le côté des seins d’une femme qui plonge nue et les seins d’une autre jeune femme qui rabat les draps du lit qu’elle a partagé avec son petit ami.

Le mot « fuck » et ses dérivés se répètent en multiples occasions, et le mot « cunt » est prononcé une fois par un personnage masculin au sujet d’une femme qui l’a rejeté.

Saw 3D: The Final Chapter

31 octobre 2019 à 20 h 08

Saw 3D: The Final Chapter, septième opus de la série d’horreur Saw, a été distribué en salles en 2010. Le film tourne autour d’un tueur en série surnommé Jigsaw, dont le nom véritable est John Kramer. Jigsaw dresse des pièges compliqués pour infliger des tortures. Selon lui, ceux qui s’en sortent seront guéris de leurs problèmes, quels qu’ils soient. Le récit en toile de fond pour Saw 3D, c’est que Jigsaw est mort, mais que son ex-femme, Jill Tuck, et un policier dérangé du nom de Mark Hoffman (qui était devenu l’assistant de Jigsaw) se font concurrence pour perpétuer la tradition de Jigsaw. Un certain Bobby Dagen est devenu célèbre en tant que conférencier motivateur après avoir écrit comment il a survécu aux tortures de Jigsaw, mais le public ignore que Bobby a fabriqué son histoire de toutes pièces.

L’émission était classée 18A et précédée d’une mise en garde pour avertir les téléspectateurs qu’elle comportait un sujet délicat, du langage grossier et de la violence.

Presque chaque scène de ce film montre de la violence brutale et explicite. Les victimes subissent des tortures savamment élaborées, qui les mettent à l’épreuve physiquement et psychologiquement. Par exemple, deux hommes sont ligotés à un établi avec une scie circulaire au milieu tandis que la femme qui les a trompés l’un avec l’autre est suspendue au plafond. Les deux hommes ont le choix entre chercher à s’entretuer ou laisser tomber la femme sur la scie. Ils optent pour la seconde solution et, tandis que la scie lui dissèque la taille, on entend ses hurlements et son sang les éclabousse tous les trois.

D’autres scènes montrent : un homme qui cautérise sa propre jambe déchiquetée en plaçant le moignon sur une conduite de vapeur; une séquence de rêve dans laquelle Jill Tuck est sciée en deux; un homme collé au siège de son auto, qui doit s’arracher la peau pour arriver à remonter un levier et sauver ses amis; un homme dont les bras et la langue sont extirpés par une voiture en marche; le visage d’une femme réduit en bouillie par un pneu qui atterrit sur elle en tournant à plein régime; une femme liée à une roue de hamster de taille humaine, dont les yeux et la bouche se font percer par des clous; une autre femme emprisonnée dans une espèce d’engin dont les crampons lui transpercent le cou et la tête; des policiers transpercés de balles tirées d’une arme montée en tourelle; et un homme qu’on pend au plafond d’un entrepôt.

Bobby Dagen est forcé de s’arracher lui-même deux dents, de perforer ses pectoraux avec des crochets et de se hisser sur des chaînes pour tâcher de relier deux rallonges avant que retentisse la minuterie, sinon sa femme mourra. Il perd le défi et assiste, impuissant, au supplice de sa femme brûlée vive à l’intérieur d’un taureau d’airain.

Dans le combat entre Jill Tuck et Hoffman, il y a une longue et violente lutte devant le poste de police, à l’issue de laquelle Hoffman enchaîne Tuck à une chaise et place au-dessus de sa tête un piège à ours en marche inverse jusqu’à ce que la mâchoire géante du piège lui arrache la figure, faisant voler la peau et le sang dans tous les sens. En gros plan, on voit le trou où se trouvait sa figure, et le sang qui s’en écoule.

Plus tard, Hoffman est capturé par Lawrence Gordon, un personnage qu’on avait vu, dans le tout premier film de Saw, scier son propre pied pour s’échapper. Il s’avère que, tout ce temps, il agissait de connivence avec Jigsaw. Gordon ligote Hoffman à l’intérieur des toilettes de l’entrepôt où il a été capturé, jette l’égoïne hors de sa portée, éteint les lumières, tourne la clé dans la porte et s’en va, ce qui laisse présumer que Hoffman finira par mourir enfermé dans la pièce.

Le film renferme de nombreuses répétitions du mot « fuck » et de ses variantes.

Pet Sematary

8 novembre 2019 à 10 h 45

Pet Sematary est un long métrage d’horreur datant de 1989, tiré d’un roman du même titre par Stephen King. L’intrigue repose sur la famille Creed – le père Louis, la mère Rachel, leur fillette de 8 ans Ellen (« Ellie ») et un jeune bambin nommé Gage. La famille a récemment emménagé à la campagne dans le Maine. À la mort de Church, le chat d’Ellie, le voisin d’en face, Jud Crandall, fait connaître à Louis un cimetière « micmac » qui se trouve au fond du boisé derrière leur maison, au-delà du cimetière réservé aux animaux de compagnie. Les morts enterrés sur ce site reviennent dans le monde des vivants, mais en version malveillante, violente de leur nature passée.

Cette émission était classée 18A et précédée d’une mise en garde sous forme écrite et verbale avertissant les téléspectateurs qu’elle comportait un sujet délicat, du langage grossier et de la violence.

Le film comporte de nombreuses scènes de violence et de carnage. Dans l’une d’elles, un jeune homme est transporté à hôpital après avoir été heurté par un camion et l’on voit le sang et les tissus saillir d’une blessure géante à la tête. Le fantôme de ce personnage réapparaîtra tout au long du film avec ses blessures toujours apparentes. On assiste aussi à un suicide par pendaison, à la lente agonie d’une jeune femme atteinte de méningite spinale qui meurt par suffocation (son fantôme réapparaîtra lui aussi), et aux agissements d’un jeune psychotique qui grignote une jambe d’enfant, puis se met à écorcher son propre visage. Au moment crucial du film, qui s’éternise de longues minutes, le petit Gage ressuscité attaque et tue Jud avec un scalpel, lui tranche le tendon d’Achille et la bouche, puis lui ronge le cou. Il s’en prend ensuite à sa mère, qu’on verra plus loin pendue aux combles. Puis le bambin s’en prend à son père Louis, et il s’ensuit une longue lutte durant laquelle Gage mord et entaille Louis avec le scalpel. Celui-ci parvient à enfoncer une seringue dans le cou de Gage, qui en meurt ultimement. Dans la scène finale, une Rachel ressuscitée entre dans la cuisine de leur maison, où l’attend Louis. Elle est couverte de sang et de boue, et un de ses yeux a disparu de son orbite, dont s’écoule un liquide jaunâtre. Tandis qu’elle échange avec Louis un baiser passionné, elle brandit un énorme couteau de cuisine et l’image devient noire au son des hurlements de Louis.

L’expression « fuck off » est utilisée une fois dans le film.

Zero Dark Thirty

11 novembre 2019 à 14 h 56

Zero Dark Thirty est un long métrage réalisé en 2012 qui raconte comment la United States’ Central Intelligence Agency (CIA) a poursuivi, puis exécuté Oussama ben Laden, l’homme d’origine saoudienne tenu responsable des attaques du 11 septembre 2001 contre les États-Unis. Le personnage principal en est Maya, l’agente de la CIA qui s’acharne à poursuivre les recherches en dépit des obstacles que présente l’opération.

L’émission était classée 14A et précédée d’une mise en garde avertissant les téléspectateurs qu’elle comportait un sujet délicat, du langage grossier et de la violence. La mise en garde mentionnait aussi la sexualité et la nudité, bien qu’il n’y ait pas eu de sexualité dans ce film.

Il y a quelques scènes de prisonniers qu’on torture en versant de l’eau sur leur tête ou en leur assénant des coups, et celle d’un homme tenu en laisse comme un chien. D’autres scènes montrent une attaque contre un immeuble de bureaux et une explosion dans un restaurant. Une grande partie du film, toutefois, se passe en discussions entre agents de la CIA autour de leur plan. À la fin, une unité spéciale d’opérations envahit le quartier où l’on présume que se terre Oussama ben Laden. On entend des coups de feu, des explosions, des cris et des pleurs, ainsi que des membres de l’opération qui parlent d’avoir tué des gens. L’éclairage est très faible, cependant, ce qui fait qu’on ne discerne pas bien les effets de la violence, sauf pour les cadavres qui jonchent le parquet.

Le mot « fuck » et ses variantes comme « motherfucker » surgissent sans cesse dans le dialogue du film parmi d’autres exemples de langage grossier.

Super Channel Fuse

A Cure for Wellness

13 novembre 2019 à 18 h 50

A Cure for Wellness, un film d’horreur lancé en 2017, suit les pas d’un jeune dirigeant financier, Lockhart, dépêché par le conseil d’administration de son entreprise pour sortir son PDG d’un centre de bien-être dans les Alpes suisses, à la suite d’une lettre étrange dans laquelle celui-ci a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de revenir. Après un accident d’auto suspect en chemin pour le centre, Lockhart se retrouve lui-même captif. À mesure que le récit avance, Lockhart comprend l’histoire macabre de ce centre et se rend compte que son directeur, le docteur Vollmer, effectue des expériences sur les patients dans le but de produire, à partir de l’aquifère du centre, un élixir de longue vie.

L’émission était classée 18A et précédée d’une mise en garde signalant aux téléspectateurs un contenu délicat, un langage grossier, de la violence, de la sexualité et de la nudité.

De nombreuses scènes décrivent des « traitements » dérangeants : Lockhart placé dans une cuve d’immersion géante, puis assailli par des anguilles; des rangées de personnes suspendues dans des cuves d’isolation; Lockhart à qui on extrait une dent de force; et Lockhart que l’on gave d’anguilles vivantes au moyen d’un gros tube de plastique.

Il y a de la nudité et de la sexualité explicite dans une scène où, pendant qu’une infirmière retire sa blouse, un assistant se masturbe en contemplant ses seins dénudés.

Il y a également une tentative de viol incestueux quand Vollmer attache les poignets de sa fille adolescente aux barreaux du lit, lui arrache sa robe et ce faisant dénude ses seins, glisse la main sous sa robe qu’il déboutonne, tout en lui expliquant qu’elle est « une chose pure » issue de son union avec sa propre sœur et qu’ils vont maintenant étendre leur lignée. L’agression est interrompue par Lockhart qui engage une lutte prolongée avec Vollmer. Au cours de l’échange, Vollmer arrache son masque de peau qui révèle une face verdâtre défigurée, dont le nez est absent. Lockhart réussit à mettre Vollmer en feu, mais c’est sa fille qui finit par le tuer en lui enfonçant une pelle dans le front et en le faisant tomber dans l’aquifère où il est aussitôt encerclé par les anguilles. Le film comporte de nombreuses répétitions du mot « fuck » et de ses variantes, parmi d’autres exemples de langage grossier.

GINX eSports TV Canada

GINX eSports TV Canada est une chaîne consacrée aux sports électroniques et aux jeux vidéo.

The First Hour

1er novembre 2019 à 17 h

The First Hour est une émission d’information sur les jeux vidéo animée par Adam Savage et Anthony Richardson. Ceux-ci jouent à différents jeux vidéo et en discutent. Pendant cet épisode, ils ont joué à Gears 5, un jeu qui fait partie de la série Gears of War. C’est un jeu de tir à la troisième personne. Tandis que Savage et Richardson y jouent, le jeu est projeté à l’écran, avec des images parfois horribles et violentes, telle une décapitation dramatique, qui signalent que le personnage a été tué.

Super Channel a été incapable de fournir une copie de la première portion de l’émission; le CCNR ne dispose donc d’aucune information quant à la mise en garde et au classement fournis pour cet épisode.

À un certain moment, un personnage du jeu s’écrie : « one by fucking one! » (un à un). Les animateurs commentent : [traduction] « c’est un sacre », « un vrai gros sacre ».

Au cours de l’épisode, pendant une pause publicitaire, il y a un message promotionnel pour la dramatique Berlin Station. On y voit un homme en frapper un autre à l’arrière de la tête pendant que quelqu’un déclare : « We’re up to our fucking eyeballs in some serious shit (on est dans la merde jusqu’aux yeux) ».

Squad

14 novembre 2019 à 13 h 10

Squad, une émission-causerie de style magazine qui s’intéresse aux sports électroniques et jeux vidéo, est animée par Lisa Doan, Brody Moore et Ajay Fry. Ceux-ci font la revue des jeux et discutent d’événements, de culture et d’autres sujets impliquant les sports électroniques.

L’épisode, classé 18A, était précédé de la mise en garde suivante :

Cette émission renferme du langage grossier, des images clignotantes et des scènes de menace ou de violence qui pourraient ne pas convenir aux jeunes téléspectateurs.

La mise en garde n’a pas été répétée à la sortie des pauses publicitaires.

Durant un segment où les animateurs présentent des vidéos maison, l’une de ces vidéos montre un homme tâchant sans succès d’exécuter un tour de cartes et l’on entend deux fois le mot « fuck »; dans une autre, un commentateur lance « that’s fucked up (c’est raté) ».

GINX Plays

14 novembre 2019 à 15 h

GINX Plays est une émission dans laquelle des personnes jouent à des jeux vidéo. Généralement, le jeu vidéo qui se déroule occupe la majeure portion de l’écran, tandis que le visage des joueurs apparaît au-dessus dans des petites fenêtres. Plusieurs de ces jeux font surgir des mots à l’écran pour expliquer ce qui arrive ou relater le dialogue des personnages. Les joueurs et généralement une autre personne commentent pendant qu’on joue le jeu vidéo. Super Channel a été incapable de fournir le fichier-témoin pour la première partie de l’émission; le CCNR ne dispose donc d’aucune information quant à la mise en garde et au classement fournis pour cet épisode.

Dans cet épisode, deux jeunes gens s’adonnent à un jeu qui consiste à tirer sur des zombies. Une dose considérable de sang est versée chaque fois qu’un zombie est tué.

Sous le coup de la frustration, les joueurs s’exclament : « Fuckin’ hell » et « Oh shit! Oh Shit! Oh shit! » À un moment donné, on peut lire à l’écran les mots : « If I die in a fucking hallucination because I ran out of bullets […] » (si je meurs au beau milieu d’une hallucination, c’est parce que j’ai manqué de munitions).

LA DÉCISION

Le comité décideur anglophone a étudié les plaintes à la lumière des dispositions suivantes des Normes et pratiques en matière de programmation des services de télévision payante, de télévision à la carte et de vidéo sur demande, des Normes et pratiques de la télévision payante et de la télévision à la carte concernant la violence, et du Manuel du CCNR à l’usage des radiodiffuseurs associés :

Normes et pratiques en matière de programmation des services de télévision payante, de télévision à la carte et de vidéo sur demande

A. Introduction

2. Programmation offerte par les entreprises de programmation de télévision payante

Les titulaires de licence de services de télévision payante, de télévision à la carte (TAC) et de vidéo sur demande (VSD) au Canada se sont engagés à présenter une programmation équilibrée, de haute qualité et apte à intéresser un grand nombre de Canadiens. La programmation ainsi présentée vise à satisfaire des goûts et des intérêts divers.

L'un des grands attraits des services de télévision payante, de TAC et de VSD réside dans le fait qu'ils permettent de voir des longs métrages et autre matériel de programmation dans leur version intégrale, non interrompue par des messages publicitaires.

Les services facultatifs, comme la télévision payante, la TAC et la VSD, diffèrent des services de télévision conventionnelle en ce sens que c'est l'abonné qui décide d'acheter et de recevoir le service chez lui, sous la forme de signaux non codés. Les services de télévision payante, de TAC et de VSD jouissent donc, comparativement aux services de télévision conventionnelle, d'une latitude plus grande pour diffuser du matériel destiné à un auditoire adulte.

[...]

Il appartient aux titulaires de licences de télévision payante, de TAC et de VSD de veiller à ce que la programmation qu'ils offrent soit de haute qualité et réponde aux normes générales de la collectivité dans le cadre d'un service facultatif.

Les services de télévision payante, de TAC et de VSD sont en général distribués sous forme numérique, ce qui nécessite que l'abonné dispose d'un décodeur numérique pour chaque téléviseur. Ce décodeur permet de bloquer une émission selon le classement attribué ou selon le canal. Ainsi, chaque foyer canadien équipé en numérique peut éviter la réception de toute programmation indésirable.

B. Sélection des émissions

4. Critères de sélection

La discrétion du personnel de programmation sera exercée de façon responsable et de bon goût. Notamment, aucun matériel n'est sélectionné s'il est :

Les « normes de la collectivité » sont appelées à évoluer; elles font donc l’objet d’une évaluation et d’un examen constants.

C. Classements et mises en garde

1. Classements

Toutes les émissions diffusées au long par le titulaire de licence de télévision payante, de TAC et de VSD doivent être cotées. Compte tenu des différences de compétence des bureaux provinciaux de classement et de contrôle à l'échelle du pays (ci-après les « bureaux de contrôle »), chaque titulaire de licence de télévision payante, de TAC et de VSD doit adopter le système de classement utilisé par le bureau de contrôle de la province dans laquelle son exploitation principale en radiodiffusion est basée.

Lorsque les émissions ont été classées par le bureau de contrôle provincial compétent, le titulaire de licence de télévision payante, de TAC et de VSD doit appliquer ce classement.

Le titulaire de licence doit classer toutes les émissions qui n’auront pas été classées par le bureau de contrôle compétent, de manière à tenir compte des normes de la collectivité, selon l'un ou plusieurs des critères suivants :

Les classements désignent le public auquel s'adresse l'émission (c.-à-d. le groupe d'âge) ou une mise en garde précisant que l'émission en question ne s'adresse pas à un groupe d'âge donné.

De plus, si la date de classement est antérieure de plus de cinq ans à la date de diffusion prévue de l'émission, le titulaire de licence peut, à sa discrétion, procéder à un nouveau classement de l'émission en tenant compte des normes de la collectivité, selon l'un ou plusieurs des critères énoncés en i) et ii) ci-dessus.

2. Mises en garde

Alors que le classement d'une émission est fondé sur son impact général, les mises en garde sont destinées à avertir l'abonné que les titres présentés renferment des scènes à contenu particulier, par exemple des scènes de « violence » ou « d'horreur », susceptibles de ne pas convenir à certains abonnés. Les classements et les mises en garde sont présentés sous forme écrite et verbale, au début de la diffusion de chaque titre dont le contenu est susceptible de ne pas convenir à un public enfant. Des mises en garde figurent également dans la description écrite fournie pour chaque titre diffusé sur le service, dans le guide mensuel envoyé aux abonnés. Les mises en gardes qui accompagnent une émission ainsi que le classement qui lui est attribué sont également communiqués à tous les médias.

D. Questions de programmation

1. Violence

Les services de télévision payante, de TAC et de VSD sont soumis au Normes et pratiques de la télévision payante et de la télévision à la carte concernant la violence (le « Code sur la violence »).

E. Horaire des émissions

1. Services de télévision payante

a) Programmation grand public

Comparativement aux services de télévision conventionnelle, les services de télévision payante présentent généralement moins d'émissions par mois, mais ces émissions sont reprises plus fréquemment afin d'accommoder les horaires de leurs abonnés.

Par ailleurs, les titulaires de licence de télévision payante se distinguent des services de TAC et de VSD en ce qu’ils sont plus sensibles aux préoccupations exprimées par certains téléspectateurs qui veulent que le matériel destiné aux adultes ne soit pas programmé durant les heures où les enfants d'âge scolaire sont à la maison. De plus, certain matériel destiné à un public adulte ne devrait pas être programmé avant 21h00 ou après 6h00 dans la province d'origine du service en question.

Les titulaires de licence de télévision payante doivent exercer un soin particulier dans le choix du bloc horaire durant lequel sont diffusées des émissions susceptibles d'être jugées comme peu convenables pour une écoute familiale.

Normes et pratiques de la télévision payante et de la télévision à la carte concernant la violence

1.0 Contenu des émissions

1.1 Les titulaires de licence de télévision payante et de télévision à la carte ne diffusent aucune programmation qui :

(« Gratuit » s'entend de ce qui n'est pas inhérent au déroulement de l'intrigue, à l'évolution des personnages ou au développement du thème de l'émission dans son ensemble).

3.0 Horaires de diffusion

Les services de télévision payante ne diffusent aucune scène de violence destinée à un auditoire adulte avant 21:00 heures ou après 6:00 heures (heure dans la province d'origine de chaque service).

4.0 Classification/cotes et mises en garde

4.1 Toutes les émissions sont classées en fonction du système de classification, élaboré et appliqué par l'organisme de classement et de censure de la province d'origine de chaque service. Lorsque les émissions présentées par le service de télévision payante ou de télévision à la carte sont cotées par l'organisme de classement et de censure provincial, elles conservent la même cote. Dans le cas d'émissions non classées par l'organisme de classement et de censure, le service de télévision payante ou de télévision à la carte leur attribue une cote en suivant les critères élaborés et appliqués par l'organisme de classement et de censure de la province d'origine.

4.2 Chaque cote d'émission identifie l'auditoire visé (par groupe d'âges) ou comporte une mise en garde à l'effet que l'émission ne peut être vue par des personnes appartenant à un certain groupe d'âges.

[...]

4.4 Lorsque la classification utilisée est désuète (soit une cote datant de plus de dix ans de l'année en cours), le film est alors coté conformément au système de classification alors appliqué par l'organisme provincial de classement ou de censure.

[...]

4.6 Les mises en garde et cotes seront diffusées sous forme orale et écrite pour chaque émission diffusée qui est jugée inappropriée pour un auditoire enfant.

[Note : La province d’origine de Super Channel est l’Ontario.]

Manuel du CCNR à l’usage des radiodiffuseurs associés

Responsabilités d’un associé du CCNR

En s’associant au CCNR, un radiodiffuseur consent à ce qui suit :

[...]

b) soumettre, pour chacune de ses stations, un formulaire d’adhésion au CCNR et une entente d’association. Il doit avertir le CCNR quand il y a changement dans les informations fournies sur les formulaires au moment de l’inscription initiale;

[...]

i) conserver les fichiers-témoins ou enregistrements officiels des émissions faisant l’objet d’une plainte et les acheminer au CCNR sur demande.

[...]

Fichiers-témoins

Qu’est-ce qu’un fichier-témoin?

Le fichier-témoin est la copie exacte de ce qui a été diffusé. On lui donne parfois des noms similaires comme « bande témoin » ou « ruban témoin ».

Le fichier-témoin est la réplique exacte de ce qui a été transmis sur les ondes : l’émission elle-même, ainsi que les messages publicitaires, intercalaires, messages promotionnels, mises en garde à l’auditoire, icônes de classification, etc. En télévision, le fichier-témoin exhibe souvent un compteur temporel dans un coin de l’écran qui indique l’heure précise de la diffusion. Les copies de visionnement, séquences brutes, montages et autres copies incomplètes de l’émission ne sont pas l’équivalent d’un fichier-témoin, n’étant pas la réplique exacte de ce qui a été diffusé. Le CCNR a besoin du fichier-témoin officiel pour son examen, mais il acceptera, à défaut, d’autres versions du contenu. Néanmoins, dans de telles circonstances, il pourrait conclure à une infraction de la part du radiodiffuseur associé pour avoir omis de conserver et présenter le fichier-témoin officiel.

Délai de conservation des fichiers-témoins

La réglementation du CRTC et leurs obligations en tant que radiodiffuseurs associés au CCNR obligent les stations de radio traditionnelle et de télévision traditionnelle et facultative à conserver les fichiers-témoins de toutes leurs émissions pour une période de 28 jours après diffusion. [...]

Demande du CCNR de conserver un fichier-témoin

Lorsqu’il reçoit une plainte précise et pertinente [...], le CCNR avise par écrit la personne responsable des fichiers-témoins à la station, avec copie conforme aux personnes ressources désignées par la station, qu’elle devra conserver le fichier-témoin de l’émission au-delà du délai prescrit. Cela signifie conserver copie de l’émission au complet, peu importe sa longueur, à moins que la plainte ne porte que sur un segment clairement identifié. Le CCNR voudra voir ou entendre toute l’émission parce que le contexte est extrêmement important dans l’évaluation d’une plainte. Le CCNR veut aussi étudier l’émission complète à la lumière des différents codes et ne pas s’en tenir aux seuls points signalés par le plaignant.

[...]

La station confirme par écrit au CCNR que le fichier-témoin a été mis de côté et ne sera ni recyclé ni détruit. Cette confirmation doit être faite par écrit dans les 5 jours ouvrables suivant la demande qu’il a reçue du CCNR et, quoi qu’il en soit, avant l’expiration de la période de conservation prescrite de 28 jours.

Le radiodiffuseur doit conserver un fichier-témoin au-delà de la période de 28 jours chaque fois que le CCNR le lui demande. Il le conservera jusqu’à ce que le CCNR l’informe qu’il peut le détruire. Parce que le processus du CCNR requiert du temps, il peut s’écouler plusieurs mois avant que le radiodiffuseur soit informé que le fichier-témoin mis de côté à la suite d’une plainte n’est plus requis.

[...]

Fichier-témoin inaccessible

La réglementation du CRTC et leurs obligations en tant que radiodiffuseurs associés au CCNR obligent les stations de radio traditionnelle et de télévision traditionnelle et facultative à conserver le fichier-témoin de toutes leurs émissions pour une période de 28 jours après diffusion. [...].

Pour des raisons variées, il se peut que le fichier-témoin manque à l’appel au cours de la période prescrite et que le radiodiffuseur n’arrive pas à le retracer au moment où le CCNR lui demande de le conserver, ou se rend compte par la suite que le fichier-témoin qu’il a mis de côté ne correspond pas à l’émission pour laquelle le CCNR a reçu une plainte. Cette lacune pourrait être attribuable à une erreur humaine, un malentendu ou une défaillance technique.

En l’absence du fichier-témoin, le CCNR demande au radiodiffuseur de lui fournir une autre version ou forme d’information sur l’émission, comme une copie de visionnement, du métrage non traité, un montage ou du matériel équivalent donnant à tout le moins une indication du contenu. Il se pourrait que ce type d’information permette au CCNR de découvrir si la plainte est fondée. Cependant, en l’absence de tout document de cette nature, le CCNR se verra incapable de statuer sur le fond de la plainte.

Quoi qu’il en soit, le CCNR voudra comprendre pourquoi le radiodiffuseur a manqué à son devoir d’associé en ne conservant pas le fichier-témoin qui lui était demandé. Comme l’a répété le CCNR dans plusieurs de ces décisions, l’obligation de conserver les fichiers-témoins porte sur les résultats et non pas sur l’effort. Le CCNR est habilité à conclure à une infraction de la part d’un radiodiffuseur associé qui ne respecte pas l’obligation de conserver un fichier-témoin, et il lui est arrivé de le faire dans le passé. Il peut aussi se contenter d’émettre un avertissement, s’il constate des circonstances atténuantes.

Les membres du comité décideur ont lu toute la correspondance afférente et visionné les émissions visées par la plainte. La présente décision s’étend à huit différentes émissions diffusées sur Super Channel Vault, Super Channel Fuse ou GINX eSports TV Canada, et elle englobe des films de long métrage et des émissions consacrées aux sports électroniques et jeux vidéo. La plainte, particulièrement bien détaillée, précisait l’heure de diffusion et décrivait en détail tous les segments qui présentaient un problème. Comme il est dit plus haut, Super Channel a été incapable de fournir des fichiers-témoins complets pour Friday the 13th: Part VII, The First Hour et GINX Plays malgré son obligation de le faire en tant que radiodiffuseur associé au CCNR. Le comité conclut que chacune des émissions a enfreint une ou plusieurs dispositions des codes citées ci-dessus. Les détails sont donnés dans les sections qui suivent.

Les questions auxquelles avait à répondre le comité décideur étaient :

Fourniture des fichiers-témoins

Le radiodiffuseur a-t-il manqué à ses obligations d’associé du CCNR de fournir les fichiers-témoins des émissions contestées en omettant de fournir le fichier-témoin officiel pour Friday the 13th: Part VII – The New Blood et des fichiers-témoins complets pour The First Hour et GINX Plays?

En décembre 2019, Super Channel a déclaré être en possession des fichiers-témoins des huit émissions en question. Puis en janvier 2020, Super Channel a informé le CCNR qu’il [traduction] « n’a[vait] pas la première partie de The First Hour ni celle de Ginx Plays » et que le fichier-témoin de Friday the 13th: Part VII – The New Blood avait été égaré. Pour compenser, Super Channel a fourni une copie de visionnement pour Friday the 13th: Part VII – The New Blood. Super Channel n’a pas expliqué pourquoi il n’était plus en mesure de fournir des fichiers-témoins complets pour les trois émissions.

Par ailleurs, plusieurs des fichiers-témoins fournis par Super Channel étaient de si mauvaise qualité qu’il a été très difficile au comité d’examiner et d’évaluer les émissions.

En outre, la remise des fichiers-témoins a accusé du retard parce que le CCNR ne disposait pas de coordonnées à jour en cas de plainte contre Super Channel. Le formulaire d’inscription du CCNR demande que chaque station fournisse le nom et l’adresse courriel d’au moins deux personnes à mettre en copie sur toute correspondance du CCNR.

Les explications du Manuel du CCNR à l’usage des radiodiffuseurs associés sont pourtant claires et sans équivoque quant à ce qui constitue un fichier-témoin et les raisons pour lesquelles le CCNR demande aux radiodiffuseurs de les conserver.

Le Manuel du CCNR à l’usage des radiodiffuseurs associés se lit comme suit :

Cela signifie conserver copie de l’émission au complet, peu importe sa longueur, à moins que la plainte ne porte que sur un segment clairement identifié. Le CCNR voudra voir ou entendre toute l’émission parce que le contexte est extrêmement important dans l’évaluation d’une plainte. Le CCNR veut aussi étudier l’émission complète à la lumière des différents codes et ne pas s’en tenir aux seuls points signalés par le plaignant.

[…]

Le radiodiffuseur doit conserver un fichier-témoin au-delà de la période de 28 jours chaque fois que le CCNR le lui demande. Il le conservera jusqu’à ce que le CCNR l’informe qu’il peut le détruire. Parce que le processus du CCNR requiert du temps, il peut s’écouler plusieurs mois avant que le radiodiffuseur soit informé que le fichier-témoin mis de côté à la suite d’une plainte n’est plus requis.

En omettant de fournir le fichier-témoin pour Friday the 13th: Part VII – The New Blood et en fournissant un fichier incomplet pour The First Hour et Ginx Plays, Super Channel a empêché le comité de vérifier si les mises en garde et les classements utilisés étaient adéquats et si les problèmes soulevés par la plainte constituaient ou non une violation du code.

Bien que le Manuel du CCNR à l’usage des radiodiffuseurs associés ne précise pas la qualité requise pour un fichier-témoin, le comité estime que la qualité du son et de l’image d’un fichier-témoin remis au CCNR devrait être tout au moins suffisante pour qu’on y voie ce qui a été diffusé. Le fichier-témoin devrait au minimum constituer un enregistrement audiovisuel clair et intelligible de l’émission conformément à la réglementation applicable en matière de radiodiffusion. Plusieurs des enregistrements audiovisuels fournis étaient à peine compréhensibles.

Super Channel n’a offert aucune explication pour justifier son incapacité à fournir des fichiers-témoins officiels complets dans le cas de trois de ses émissions. Le comité ne voit pas comment cette omission pourrait se justifier dans les circonstances. Le règlement des différends exige qu’au minimum un radiodiffuseur remplisse ses obligations relatives au fichier-témoin. C’est une étape fondamentale du processus du CCNR.

Dans une décision passée traitant de l’obligation pour le radiodiffuseur de fournir le fichier-témoin d’une émission faisant l’objet d’une plainte, soit CJSB-AM concernant l’émission de Wendy Daniels (Décision CCNR 92/93-0219, 15 février 1994), le CCNR a déclaré :

Il est clair que la norme adoptée par le CCNR à cet égard est tout aussi stricte que les dispositions que doit respecter le radiodiffuseur dans le cadre de ses responsabilités en vertu de la Loi sur la radiodiffusion et des Règlements. Le radiodiffuseur n’a pas offert d’explication justifiable pour la disparition des bandes-témoins dont la conservation aurait dû constituer pour lui une grave responsabilité.

En général, quand un radiodiffuseur bien au fait de ses obligations relatives au fichier-témoin n’avait aucune explication à offrir quant à son incapacité à fournir le fichier-témoin ou qui affirmait avoir fait de son mieux sans succès, le CCNR a conclu à une infraction pour avoir manqué à ses obligations d’associé du CCNR. Dans CKNW-AM concernant Peter Warren Show (Bandes-témoins) (Décision CCNR 98/99-0643, 9 mai 2000) le comité a déclaré qu’il « s’attend à des résultats et non à une déclaration d’effort maximum » :

Excepté une catastrophe naturelle comme un incendie, les radiodiffuseurs sont tenus de conserver et de fournir les bandes-témoins. Cette exigence est l’essence même des enquêtes de nature autoréglementées et réglementées. Le non-respect de cette condition constitue la violation d’une des obligations fondamentales du radiodiffuseur en tant que membre du CCNR.

Par conséquent, le comité conclut que Super Channel a manqué à ses obligations d’associé du CCNR en omettant de fournir à sa demande des fichiers-témoins adéquats. De plus, le comité rappelle à Super Channel qu’un fichier-témoin déposé au CCNR doit, à tout le moins, constituer un enregistrement audiovisuel clair et intelligible de l’émission comme l’exige la réglementation de radiodiffusion pertinente. Enfin, le CCNR tient à rappeler à tous les radiodiffuseurs qu’il leur faut garder à jour les coordonnées de leurs personnes ressources pour permettre au processus du CCNR de se poursuivre sans délai ni interruption.

Friday the 13th: Part VII – The New Blood

Est-ce que Friday the 13th: Part VII – The New Blood comporte du matériel pouvant être qualifié d’« offensant en vertu des normes générales de la collectivité » selon l’article B(4) du Code concernant la programmation à la télévision payante?

Bien que le comité ait été d’accord pour répondre que le film Friday the 13th: Part VII – The New Blood ne comportait pas de matériel considéré comme « offensant en vertu des normes générales de la collectivité » selon l’article B(4) du Code concernant la programmation à la télévision payante, les raisons pour en arriver à cette conclusion diffèrent en certains points comme on verra ci-après.

Selon le Code concernant la programmation à la télévision payante, les titulaires de la télévision payante ne doivent pas diffuser de matériel considéré comme « offensant en vertu des normes générales de la collectivité ». Jusqu’à maintenant, cette disposition du code a été appliquée dans une seule décision du CCNR (HBO Canada concernant Paradise Lost 3: Purgatory (Décision CCNR 11/12-2012, 13 décembre 2012). Cette série documentaire analysait le cas de trois adolescents reconnus coupables dans les années 1990 du meurtre de trois gamins de huit ans en Arkansas. Le film renfermait des séquences filmées de la découverte des corps nus et lacérés au milieu d’un boisé. L’un d’eux avait été castré. Il y a eu également des photos des cadavres et des discussions détaillées sur l’état des cadavres pendant que se déroulait le procès des accusés et au cours d’une conférence de presse qui annonçait de nouvelles révélations au sujet de l’affaire. Le comité n’a constaté aucune infraction à la disposition pertinente du code concernant la télévision payante :

Le Comité reconnaît volontiers que les images des jeunes victimes sont pénibles et bouleversantes, tout comme la description verbale de l’état dans lequel on a trouvé les corps. En fait, du début à la fin, le film explore un sujet difficile et discutable qui peut facilement troubler un téléspectateur. Il n’était peut-être pas indispensable de donner autant de détails sur les corps qu’on en montre à l’écran, mais les images et les descriptions en question sont certainement pertinentes au récit en ce qu’elles démontrent la gravité des crimes perpétrés et le sort tragique réservé aux trois enfants. En ce sens, on ne peut pas dire de ces images qu’elles sont gratuites, ni qu’elles exploitent les jeunes victimes. Par leur présence dans le film, ces séquences ne violent aucun article de loi ou de réglementation, et ne peuvent pas être considérées comme offensantes selon les normes généralement acceptées.

Pour décider quel genre de contenu peut être considéré comme « offensant en vertu des normes générales de la collectivité », le comité a étudié un rapport commandé par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) relatif aux normes de la collectivité en matière de contenu (Normes de la collectivité en matière de contenu et fournisseurs de services par contournement : enjeux et approches possibles, Rapport définitif présenté au CRTC le 23 mars 2012). Ce rapport note que le Canada a produit des normes de télédiffusion parmi les plus complètes au monde avec une série de codes qui ont été élaborés en consultation avec des radiodiffuseurs, des représentants de la collectivité et des juristes, et qui ont été modifiés au fil des ans en vue de refléter les changements survenus dans le système canadien de la radiodiffusion et la croissance que celui-ci a connue.

Le rapport dit autre chose d’encore plus important, c’est qu’ensemble, le système de classification, les mises en garde à l’auditoire et la plage des heures tardives constituent les normes de la collectivité les plus « visibles ». Il mentionne aussi que l’administration des normes de la radiodiffusion est une chose complexe qui nécessite l’application d’un juste équilibre entre les normes changeantes de la collectivité et la question subjective du bon goût, et ce, sans recourir à la censure.

Concernant les normes de la collectivité, le comité (à l’exception de S. Crawford) a aussi tenu compte de la façon dont la majorité de la Cour suprême du Canada (CSC) avait réglé la notion de « normes de la collectivité ». Dans R. c. Labaye (2005) 3 RCS 728, la CSC a examiné le concept des normes de la collectivité dans le contexte du Code criminel en vue de déterminer si une activité sexuelle de groupe dans un club privé constituait un acte indécent. La majorité de la CSC a étudié la législation pénale et l’indécence à la lumière des normes sociales et conçu un test fondé sur les normes de tolérance dans la collectivité. La décision majoritaire de la Cour mentionne : « Bien qu’un certain degré de subjectivité demeure inhérent à la détermination de la norme de tolérance en raison du rôle du juge comme interprète des normes minimales sociales en matière sexuelle, l’analyse reste objective, dans la mesure où le juge fait abstraction de ses convictions personnelles pour rechercher la nature du consensus social. »

« Les actes reprochés dépassent-ils la norme de tolérance de la société canadienne contemporaine, compte tenu des lieux et du contexte dans lequel ils surviennent? » Les éléments contextuels suivants peuvent être examinés pour identifier la norme de tolérance : (1) le caractère privé ou public des lieux; (2) le type de participants et la composition de l’auditoire; (3) la nature de l’avertissement donné relativement aux actes; (4) les mesures visant à limiter l’accès aux lieux; (5) le caractère commercial des lieux et des actes; (6) la finalité de ceux-ci; (7) le comportement des participants et (8) le préjudice subi par les participants. En ce qui concerne le dernier élément, il faut porter attention aux risques de préjudice corporel ou psychologique. Cette approche permet de prendre en compte le risque de propagation de maladies transmissibles sexuellement. Finalement, le consentement des participants ou la présence d’adultes avertis ne sont pas, à eux seuls, des éléments décisifs. Un acte sexuel consensuel, tout à fait accepté dans une situation donnée, peut être indécent s’il est accompli dans un autre contexte. C’est la tolérance de la population en général qui compte et non celle des participants ou spectateurs.

La décision de la CSC est claire sur un point : ce sont des normes de la collectivité dans son ensemble qu’il faut tenir compte, et non pas des normes d’un petit segment. En fait, la norme applicable est la tolérance et non le goût. Voilà pourquoi le test ne porte pas sur ce que les Canadiens pourraient estimer convenable pour eux-mêmes. Ce qui importe, c’est de discerner ce que les Canadiens ne souffriraient pas que d’autres Canadiens voient parce que ce serait outrepasser la norme contemporaine de tolérance au Canada que de permettre qu’ils le voientque le contexte de la CSC soit différent de la présente affaire où il faut décider si un film diffusé à la télévision canadienne renferme du contenu qui est « offensant en vertu des normes générales de la collectivité », étant donné que le concept de « normes de la collectivité » n’est pas défini dans le Code concernant la programmation à la télévision payante, le comité (à l’exception de S. Crawford) estime que la façon dont la majorité de la CSC aborde le concept des « normes de la collectivité » s’avère un outil à la fois pertinent et utile pour en arriver à une conclusion en vertu du Code concernant la programmation à la télévision payante.

Pour sa part, S. Crawford croit que le comité ne devrait pas s’appuyer sur la décision de la majorité de la CSC pour interpréter la notion de « normes de la collectivité » dans le contexte du Code concernant la programmation à la télévision payante. S. Crawford souscrit plutôt à l’opinion de la minorité dans la décision de la CSC concernant R. c. Labaye et plus particulièrement au passage où la minorité affirme que la définition de la majorité pour le terme indécence « n’est ni souhaitable ni fonctionnelle » parce qu’elle n’est pas conforme à la jurisprudence et qu’elle fait fi de l’analyse contextuelle des normes collectives canadiennes de tolérance. S. Crawford est d’accord avec l’opinion de la minorité que l’exclusion des personnes qui n’auraient pas souhaité voir la conduite sexuelle n’était pas suffisamment rigoureuse et que « [l]a société ne tolère pas que des actes de cette nature surviennent dans un lieu commercial auquel le public a facilement accès. » Selon elle, la télévision canadienne est une plateforme à laquelle le public a facilement accès et c’est une plateforme soumise à certaines normes en vue de garantir que le contenu offert respecte le critère de haute qualité établi par la Loi sur la radiodiffusion. Par conséquent S. Crawford estime que, dans le contexte de la télévision payante, avec des mises en garde et une description détaillée de la nature du contenu à suivre, un film est susceptible de correspondre aux normes de la collectivité.

Friday the 13th est une série de films d’horreur dont le personnage central, un tueur psychotique nommé Jason Voorhees, porte un masque de hockey lorsqu’il effectue ses tournées meurtrières autour du lac Crystal où l’on croit qu’il a trouvé la mort étant enfant. Ce style de film, qui porte le nom de « slasher », implique beaucoup de sang, de carnage et d’actes de violence explicites, surtout si on le compare aux films d’horreur des époques passées et à d’autres sous-genres de la même catégorie. Le « slasher » – et la série Friday the 13th en particulier – a néanmoins joui d’une vaste distribution et d’une grande popularité à sa sortie à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Le comité (à l’exception de S. Crawford) estime que son acceptation ininterrompue chez les amateurs de cinéma et de télévision est un indice de tolérance eu égard aux normes de la collectivité.

Comme il est dit plus haut, Super Channel a été incapable de remettre le fichier-témoin de cette émission et, pour cette raison, la vidéo examinée ne renfermait ni mise en garde ni classement. Le comité a déjà conclu que Super Chanel avait manqué à ses obligations d’associé du CCNR en omettant de remettre le fichier-témoin requis pour Friday the 13th: Part VII – The New Blood.

Dans ce volet de la franchise Friday the 13th, la tournée meurtrière se poursuit et le film renferme beaucoup de violence, voire de violence extrême, comme on peut s’y attendre avec le modèle « slasher ». Il y a des scènes de nudité et d’activité sexuelle; beaucoup de répétitions du mot « fuck » et l’usage, une fois, du mot « cunt ». Ce film est axé sur la violence et le sang, car la progression de l’intrigue repose essentiellement sur l’horreur engendrée par la plus récente tournée meurtrière de Jason.

Le comité reconnaît que Friday the 13th: Part VII – The New Blood renferme effectivement des scènes terrifiantes et intenses, et beaucoup de violence et de sang. Toutefois, ces scènes sont toutes inhérentes au déroulement de l’intrigue. Il y a dans ce film des scènes de nudité et d’activité sexuelle, et du langage grossier en de nombreuses occasions. Malgré tout, le comité estime qu’il ne renferme pas de contenu offensant eu égard aux normes de la collectivité. Le comité (sauf pour S. Crawford) est d’avis que les films d’horreur, entre autres les « slashers », sont largement tolérés et généralement accessibles dans la société canadienne. En revanche, S. Crawford n’accepte pas l’argument que dès le moment où un film est projeté en salles et généralement accessible, on peut dire qu’il respecte les « normes de la collectivité » quant à ce qui est acceptable à la télévision canadienne. Elle est d’avis que ce film est acceptable en vertu des normes de la collectivité dans le contexte de la télévision payante où il était présenté.

Le comité souscrit aussi au Rapport au CRTC relatif aux normes de la collectivité en ce que, ensemble, le système de classification, les mises en garde à l’auditoire et la plage des heures tardives constituent les normes de la collectivité les plus « visibles ». Les normes générales de la collectivité ne sont pas voulues comme un outil de censure. Avec les mises en garde et le classement appropriés, tout un éventail d’émissions – notamment les films d’horreur et les slashers – peut faire partie du paysage de la radiodiffusion canadienne.

Est-ce que les scènes de sexualité et de nudité dans Friday the 13th en font du matériel destiné à un public adulte ne devant être diffusé qu’après 21 h (et avant 6 h) selon l’article E(1)(a) du Code concernant la programmation à la télévision payante?

Le Code concernant la programmation à la télévision payante accorde aux services de télévision payante une latitude plus grande pour diffuser du matériel destiné à un auditoire adulte. Il renferme néanmoins une disposition qui restreint la diffusion de ce matériel à la plage des heures tardives entre 21 h et 6 h. Tandis que le Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) (qui s’applique à la télévision traditionnelle et à d’autres services qui ne sont pas désignés comme « payants ») mentionne spécifiquement « sexuellement explicite » et « langage grossier ou injurieux », le Code concernant la programmation à la télévision payante s’en tient à la formulation plus vague de « certain matériel destiné à un public adulte ».

La disposition en question a été étudiée dans HBO Canada concernant Paradise Lost 3: Purgatory (Décision CCNR 11/12-2012, 13 décembre 2012). Malgré l’absence d’activité sexuelle dans ce film, il s’y trouvait des images troublantes de castration qui renvoyaient à la nature sexuelle soupçonnée des crimes. Le CCNR a déclaré, à propos du contenu à caractère sexuel examiné à la lumière du Code de déontologie de l’ACR, qu’il ne devait être diffusé qu’entre 21 h et 6 h. Le terme « explicite » a été défini comme un contenu où se déroule une activité sexuelle, avec ou sans nudité. Un bon exemple est celui de Showcase concernant le long métrage Rats (Décision CCNR 99/00-0772, 23 août 2001) où un film diffusé à 19 h renfermait deux scènes d’activité sexuelle sans nudité. Le comité a conclu que ces scènes étaient réservées à un auditoire adulte.

C’est l’activité sexuelle et non la nudité qui détermine si une scène est jugée « adulte » ou non. Il est évident qu’une scène peut être sexuellement explicite sans nudité et que celle-ci devrait pouvoir être accessible aux adultes, et non aux jeunes membres de la famille. Le Comité considère que la seconde scène érotique dans Rats, qui est d’une longueur d’une minute, vingt-cinq secondes, s’insère dans cette catégorie. Il ne s’agit pas simplement d’une rencontre romantique ou suggestive, mais bien d’une scène érotique, explicite, prolongée, qui atteint un point culminant. Sa diffusion à 19 h n’est donc pas de mise.

Un film en particulier qui comportait plusieurs fois le mot fuck ainsi que de nombreuses scènes de nudité frontale d’hommes et de femmes dans un contexte à caractère sexuel a été jugé contenu réservé à un auditoire adulte (Bravo! concernant le long métrage Perfect Timing (Décision CCNR 03/04-1719, 15 décembre 2004)) :

[…] le comité considère qu’il est clair qu’étant donné la fréquence des scènes d’activité sexuelle en plus des scènes de nudité qui sont encore plus nombreuses, le film s’adresse exclusivement à un auditoire adulte. Le fait qu’on puisse le qualifier de film burlesque, plutôt que de film érotique sérieux ne change rien à cet égard. Son contenu ne convient pas aux moments de la journée où l’on peut s’attendre que les jeunes membres des familles regardent la télévision et que les membres adultes des familles pensent que les jeunes peuvent effectivement regarder la télé, sans qu’il soit nécessaire de s’assurer qu’on ne présente pas du contenu exclusivement à l’intention des adultes.

La description verbale détaillée d’une activité sexuelle a également été considérée comme explicite. Dans CHFD-TV concernant le documentaire Dirty Business: Sex, Thighs and Videotape (Décision CCNR 04/05-1580, 15 décembre 2005), le comité a examiné un documentaire sur l’industrie du divertissement pour adultes qui avait été diffusé à 13 h. L’émission consistait surtout en entrevues avec des personnes complètement habillées, mais elle montrait aussi des extraits de films pornographiques, des photographies tirées de sites web et des scènes de film tournées pendant un salon de la sexualité. Les femmes apparaissaient fréquemment en sous-vêtements ou autre tenue minimale, caressant ou exhibant leur corps au profit de la caméra. Les images montrant des seins ou des organes génitaux dénudés étaient floutées et aucune ne montrait des rapports sexuels. Le comité a conclu qu’étant donné le thème à caractère généralement sexuel de l’émission, celle-ci aurait dû être diffusée après 21 h et avant 6 h :

[…] il n’y a pas de formule mathématique qu’on pourrait appliquer à ce genre d’émission. Ce n’est pas la présence ou l’absence de scènes montrant des rapports sexuels ou d’autres activités sexuelles poussées. Cela a davantage à voir avec l’équilibre entre ce qui est explicite et ce qui est implicite ou sous-entendu, la nature des activités, la force ou la puissance de la sexualité ou de l’érotisme, l’orientation adulte du contenu, la durée et/ou la fréquence des activités sexuelles, jusqu’à un certain point le contexte, et par-dessus tout, la confluence de toutes ces considérations.

Friday the 13th: Part VII – The New Blood renferme des scènes de nudité et une certaine part d’activité sexuelle. Ces scènes sont d’une durée limitée, tandis que la nudité et la sexualité sont assez mitigées et ne visent pas à titiller. De l’avis du comité, aucune de ces scènes n’est explicite en ce qu’elles ne sont ni érotiques ni particulièrement démonstratives, prolongées ou culminantes. Par conséquent, le comité ne considère pas que les scènes de nudité et d’activité sexuelle dans ce film enfreignent l’article E(1)(a) du Code concernant la programmation à la télévision payante.

Est-ce que la présence des mots « fuck » et « cunt »dans Friday the 13th: Part VII – The New Blood en fait du matériel destiné à un public adulte ne devant être diffusé qu’après 21 h (et avant 6 h) en vertu de l’article E(1)(a) du Code concernant la programmation à la télévision payante?

Le Code concernant la programmation à la télévision payante reconnaît que les services de télévision payante jouissent d'une latitude plus grande pour diffuser du matériel destiné à un auditoire adulte et cela est en grande partie attribuable au fait qu’il s’agit de services totalement facultatifs autorisés à l’origine comme moyens de porter à l’écran une vaste gamme de films de long métrage et autres émissions dans leur forme cinématographique originale.

Toutefois, comme il est dit plus haut, le code de la télévision payante renferme une disposition qui limite la diffusion du matériel destiné à un public adulte à la plage horaire comprise entre 21 h ou après 6 h. C’est l’équivalent de la « plage des heures tardives de la soirée » qui s’applique aux services de télévision traditionnels et facultatifs dans le Code de déontologie de l’ACR. Le Code de déontologie de l’ACR mentionne en toutes lettres « sexuellement explicite » et « langage grossier ou injurieux », tandis que le Code concernant la programmation à la télévision payante utilise une formulation plus vague, soit « certain matériel destiné à un public adulte ».

Afin de déterminer si le contenu de Friday the 13th: Part VII – The New Blood avait violé cette disposition du code, le comité a vérifié si le langage grossier ou offensant avait été diffusé en dehors de la plage des heures tardives. Le comité note que le mot « fuck » est utilisé d’un bout à l’autre du film, tandis que le mot « cunt » n’apparaît qu’une seule fois.

Le CCNR a toujours maintenu, à quelques exceptions près qui ne s’appliquent pas à ce cas, que le mot « fuck » et ses variantes, ainsi que le mot « cunt », ne devaient s’entendre sur les ondes qu’entre 21 h et 6 h. Le télédiffuseur peut diffuser l’émission, mais il doit ou bien éliminer ces jurons ou bien garder l’émission intacte et la diffuser après 21 h et avant 6 h. (Voir les décisions suivantes où le CCNR a établi et appliqué ce principe : Showcase Television concernant le long métrage Destiny to Order (Décision CCNR 00/01-0715, 16 janvier 2002); WTN concernant le long métrage Wildcats (Décision CCNR 00/01-0964, 16 janvier 2002); Showcase Television concernant le long métrage Frankie Starlight (Décision CCNR 02/03-0682, 30 janvier 2004); Bravo! concernant le long métrage Ordinary People (Décision CCNR 03/04-1187, 15 décembre 2004); Bravo! concernant le long métrage RKO 281 (Décision CCNR 04/05-0584, 20 juillet 2005); BITE TV concernant The Conventioneers (Décision CCNR 10/11-0627, 12 juillet 2011)).

Conformément à la jurisprudence établie par le CCNR, la majorité du comité conclut que la diffusion des mots « fuck » et « cunt » en dehors de la plage des heures tardives dans Friday the 13th: Part VII – The New Blood constitue une infraction à l’article E(1)(a) du Code concernant la programmation à la télévision payante.

Opinion dissidente de P. Gratton et S. Crawford

En ce qui concerne l’utilisation des mots « fuck » et « cunt » dans Friday the 13th: Part VII – The New Blood, nous sommes d’avis que le CCNR est déconnecté des normes de la collectivité quant à ce qui constitue un contenu pour adultes approprié et acceptable à des fins de diffusion, spécialement à ce qui a trait à l’emploi d’un langage grossier ou offensant à la télévision payante. La réalité, c’est qu’un grand nombre de films présentés en salles avec la cote « PG » comportent du langage grossier et offensant. C’est dire, non pas que nous approuvions la diffusion de ce film avant 21 h, mais simplement que l’emploi des mots « fuck » et « cunt » ne contrevient pas à l’article E(1) du Code concernant la programmation à la télévision payante. En quelques mots, l’emploi des mots « fuck » et « cunt » est une chose qui devrait être réévaluée par les comités du CCNR lorsqu’ils appliquent les codes à la lumière des habitudes, des mœurs et des valeurs de société en constante transformation. Le mot « fuck » est devenu quasi omniprésent dans la culture populaire et ne revêt plus la même connotation négative, abstraction faite du contexte, susceptible de justifier une infraction dans les circonstances.

Dans le contexte du film Friday the 13th: Part VII – The New Blood, l’emploi du mot « cunt » une seule fois ne constitue pas, selon nous, une infraction à l’article E(1)(a) du Code concernant la programmation à la télévision payante. Quand il est question de langage grossier ou offensant, P. Gratton est d’avis que ce type de contenu, s’il se rencontre d’un bout à l’autre d’un film, devrait lui attirer une cote plus rigoureuse, et une cote plus rigoureuse mène inévitablement à ce que le contenu soit réservé à la « plage des heures tardives ». P. Gratton estime en outre qu’un télédiffuseur ne devrait pas avoir à compter le nombre de fois où les mots grossiers ou offensants sont prononcés dans un film ou une émission en se demandant s’il risque de commettre une infraction au code en raison d’un contenu destiné aux adultes, spécialement à la télévision payante. S. Crawford est d’avis que ce film aurait dû être montré après 21 h, mais pas à cause de la présence des mots « fuck » et « cunt ». Elle estime que pour déterminer si le langage grossier représente un contenu destiné aux adultes ne devant être diffusé qu’après 21 h, il importe de poser un jugement, non pas quantitatif mais qualitatif. Un jugement qualitatif exige de comprendre le contexte dans lequel le langage grossier est employé et si ce contexte est en soi du contenu réservé aux adultes et ne devant être diffusé qu’après 21 h.

Les deux membres dissidentes sont d’avis que, de façon générale, on devrait s’en remettre à une cote plus rigoureuse et à des mises en garde pour régler le problème du langage grossier ou offensant.

Est-ce que Friday the 13th: Part VII – The New Blood renferme de la violence gratuite au sens de l’article 1.0 du Code concernant la violence à la télévision payante?

La disposition qui interdit la violence gratuite dans le Code concernant la violence à la télévision payante est identique à celle du Code de l’ACR concernant la violence qui régit les services de télévision traditionnels et facultatifs.

Le CCNR a appliqué cette disposition du Code concernant la violence à la télévision payante dans une seule décision à ce jour (HBO Canada concernant Paradise Lost 3: Purgatory (Décision CCNR 11/12-2012, 13 décembre 2012). Le comité avait conclu que le film dans ce cas ne renfermait pas de violence gratuite parce que le contenu violent était pertinent au récit.

Pour analyser le contexte d’un service de télévision payante, il peut être utile d’examiner les décisions rendues en vertu du Code de l’ACR concernant la violence puisque la formulation est la même que pour le Code concernant la violence à la télévision payante.

Le CCNR a étudié la notion de violence gratuite pour la première fois dans CITY-TV concernant Silence of the Lambs (Décision CCNR 94/95-0120, 18 août 1995). Dans cette décision, le comité du CCNR a déclaré ce qui suit :

La violence gratuite est définie par le Code comme étant « ce qui n’est pas inhérent au déroulement de l’intrigue, à l’évolution des personnages ou au développement du thème de l’émission dans son ensemble ». En d’autres termes, si une émission comporte des scènes de violence qui ne sont pas nécessaires au développement de l’histoire, qui ne font pas avancer l’intrigue, qui ne jouent aucun rôle dans le développement ou la définition des personnages, mais qui, de toute évidence, jouent un rôle sensationnaliste, on reconnaîtra que celle-ci renferme des scènes de violence gratuite.

Une émission qui « endosse, encourage ou glorifie la violence » (sanctions, promotes or glamorizes violence) est assez facilement reconnaissable, quoique le verbe sanction en anglais puisse porter à confusion. La façon la plus évidente de l’interpréter consiste à l’associer aux verbes qui l’accompagnent, soit promote et glamorize. […] Glamorize, sans doute un dérivé du mot glamour dans le langage populaire, ne figure pas dans le dictionnaire Oxford, mais il est sûrement clair pour tout le monde que la juxtaposition de ces trois verbes exprime l’idée d’« encourager », sinon de « glorifier » le recours à la violence. Le CCNR ne prétend pas que toute forme de violence dans une émission constitue une infraction au code, mais ce sera le cas chaque fois que la violence est présentée sous un jour favorable.

Les descriptions qui précèdent devront toujours être mesurées par rapport au contenu de l’émission en cause et le conseil prévoit que ces balises générales ne seront parfaitement comprises que lorsque suffisamment d’exemples auront été examinés.

Le conseil régional de l’Ontario est d’avis que Silence of the Lambs ne comportait pas de scènes de violence gratuite et qu’il n’a pas justifié la violence, n’a pas fait sa promotion et ne l’a pas rendue séduisante.

[…] Si le spectateur en apprend beaucoup sur les meurtres qui ont été commis antérieurement, les seuls homicides dont il est témoin pendant le film sont ceux qui sont commis lorsque Lecter s’évade. Il y a aussi un enlèvement et, finalement, la fusillade de Buffalo Bill par l’agente secrète Starling. Le conseil n’a pas pour autant estimé que ce long métrage comportait une violence considérable. Il a d’ailleurs trouvé que la violence que renfermait le long métrage était inhérente au développement de l’intrigue et du personnage.

Étant donné que la violence dans ce film est exercée par des sociopathes assez répugnants, le conseil a été d’avis qu’il n’y a pas glorification de la violence dans Silence of the Lambs.

Dans CIHF-TV (MITV) concernant un épisode de Millennium (Décision CCNR 96/97-0044, 14 février 1997), le comité a observé que l’émission renfermait une scène dans laquelle le meurtrier imagine le meurtre d’une danseuse et une scène dans laquelle le meurtrier traque des prostitués, suivie d’une autre où il retire un cadavre de sa voiture. On revoyait plus tard le même cadavre qui avait été décapité et brûlé. Bien qu’il n’y ait eu aucune violation du code, le comité a reconnu que cette télédiffusion ne convenait pas à tous les auditoires :

Cela n’est toutefois pas le but de la programmation à la télévision, qui se doit d’être diversifiée et susceptible de plaire à différents groupes et différents goûts. La liberté d’expression dans notre démocratie va de pair avec le risque que certaines choses soient exprimées même si tout le monde n’est pas prêt à les entendre. Cela dit, cette liberté d’expression n’est pas sans limite.

Tout comme pour Silence of the Lambs, cet épisode de Millennium a pour thème un tueur en série psychopathe et les efforts déployés pour mettre fin à ses activités meurtrières. Alors que la violence est au cœur même du récit, sa trame secondaire concerne un ex-agent d’un service policier aux pouvoirs psychiques qui tente de rétablir sa vie de famille en dépit des menaces dont lui-même et sa famille ont souffert à une époque qui précède le premier épisode de la série. La violence qui caractérise l’épisode à l’étude est indispensable au déroulement de l’intrigue et au développement du personnage qui détient le rôle principal. En outre, les scènes qui ont donné lieu à la plainte ne montrent pas, pour la plupart, l’acte violent en train d’être perpétré, mais plus souvent le résultat de cet acte violent, et en cela, l’usage de la violence n’est pas excessif. Il y a aussi des images violentes et un montage efficace qui inspirent la peur, quand ce n’est pas la terreur, dans l’auditoire. Tous ces éléments font partie d’un genre destiné à un auditoire adulte, mais qui n’est pas en soi contraire à l’interdiction d’utiliser la violence gratuite.

Dans CTV concernant Poltergeist – The Legacy (Décision 96/97-0017 et -0030, 8 mai 1997), le comité n’a pas partagé le point de vue des plaignants pour ce qui est de l’importance ou du rôle des scènes renfermant des éléments de violence et n’a pas déterminé que le film comportait de la violence gratuite ou qu’il endossait, encourageait ou glorifiait la violence :

Le film Poltergeist – The Legacy comporte de nombreuses scènes à élément violents. Dans l’une d’elles, une femme poursuivie par une force maléfique assiste à sa propre mutation en épouvantail. Dans une autre, on voit un homme se faire tuer par son propre fils qui lui tire dessus. Parmi les scènes particulièrement explicites et dérangeantes, il y a celle où un homme abattu par balle se fait dévorer par les vers et se décompose instantanément et celle d’un prêtre qui est transformé en petit garçon après avoir poignardé une femme (avec qui il a eu une relation amoureuse). […] En somme, Poltergeist - The Legacy raconte l’histoire d’une incarnation du mal dans le monde des vivants et le combat d’une poignée d’êtres humains ligués contre cette force maléfique. Le Conseil est d’avis que les scènes de violence dans cette émission sont inhérentes au déroulement de l’intrigue et que, par conséquent, elles ne sont pas gratuites. En outre, puisque la violence vient de l’incarnation du mal ou s’emploie à la combattre, on ne peut pas dire qu’il y ait glorification de la violence.

Dans CTV concernant The Sopranos (Décision CCNR 00/01-0130+, 8 mars 2001), le comité du CCNR a déterminé que la violence représentée dans une série dramatique sur la mafia ne contrevenait pas à l’article 1.0 du Code de l’ACR concernant la violence :

Malgré une constante menace sous-jacente de violence, la quantité de violence à l’écran dans chaque épisode est minime. Pour chaque émission de 60+ minutes, il n’y a guère plus que deux scènes d’action violentes. Ces scènes d’action sont néanmoins passablement explicites. Explicites, certes, peut-être parce qu’elles sont présentées de manière réaliste, mais jamais excessive, car toujours en contexte. Le comité estime qu’aucun des actes de violence présentés à l’écran n’était superflu par rapport à l’histoire. En d’autres mots, chacune de ces scènes violentes cadrait dans l’émission, jouait un rôle dans la progression de l’intrigue ou « se justifiait » (sans référence bien sûr à la légalité) par une démarche précédente de la victime. Bien qu’une telle justification découle des règles socialement tordues de la Cosa Nostra et de la famille mafieuse de Tony Soprano en particulier, le récit ne comporte pas d’actes de violence aléatoires comme on en voit dans certaines dramatiques où les actes de violence ne s’expliquent que par la jouissance qu’elles inspirent à ceux qui les commettent.

Il s’ensuit qu’au vu de l’article 1 du Code concernant la violence, la violence dans les épisodes à l’étude n’est nulle part gratuite. Le comité estime également qu’elle n’est jamais glorifiée. Lorsqu’il y a violence, on l’a dit plus haut, elle est toujours le prix à payer pour un geste posé. Elle tend alors à être brutale, et traduit parfois la colère de ceux qui l’infligent envers la victime qui n’a pas respecté les règles et qui doit être punie en conséquence. […] La facette glorieuse de leur monde vient de leur pouvoir et de la crainte respectueuse qu’ils inspirent à leur entourage. Il n’y a rien de glorieux dans leurs actes punitifs, pas même auprès de leurs collègues. Au contraire, il semble y avoir des regrets de leur part par moments à l’idée qu’ils ne peuvent pas faire d’argent sans recourir à des actes de cette nature.

Dans CTV concernant The Eleventh Hour (« Hard Seven ») (Décision CCNR 03/04-1738, 15 décembre 2004), le comité a examiné un épisode d’une série dramatique portant sur le monde du journalisme d’enquête. L’épisode renfermait des scènes de violence : le constat d’un suicide par pendaison, un prisonnier qui se fait battre, une rétrospective sur un viol en prison et un homme qui se fait tuer par balle. Le comité a conclu que la violence n’était pas gratuite :

Le fait que la violence soit ou non gratuite dépend de l’interprétation donnée à l’intrigue et au développement des personnages dans chaque émission. Dans la présente affaire, […] le comité a trouvé qu’aucun de ces « actes violents » ne dérogeait au drame. En d’autres mots, chacun d’entre eux s’inscrivait dans le contexte et jouait un rôle dans la progression de l’intrigue et se justifiait, non pas, bien entendu, au sens juridique, mais par rapport à la « loi » qui règne en prison.

[…]

Dans l’épisode en question, le comité est d’avis que la scène impliquant un suicide et les deux scènes de violence carcérale sont inhérentes au développement de l’intrigue et des personnages. […] Les actes de violence sont relativement peu fréquents et s’inscrivent dans le contexte des deux récits. En ce sens, ils n’étaient donc pas gratuits.

Dans Global concernant 24 (Saison 6, Épisode de « 13 h à 14 h ») (Décision CCNR 06/07-0713, 29 novembre 2007), le comité a examiné une émission d’action dramatique dont l’histoire porte sur une cellule antiterroriste fictive du gouvernement américain, connue sous le nom de CAT. Dans l’épisode, un agent de la CAT qui détient les connaissances spécialisées en informatique refuse d’aider un terroriste qui veut que l’agent lui aide à activer les bombes nucléaires. Lorsque l’agent refuse d’aider les terroristes, le chef le torture à l’aide d’une perceuse électrique jusqu’à ce qu’il capitule. Il y a deux autres scènes dans lesquelles des individus sont tués à coups de feu, ainsi qu’une scène chaotique de fusillades et d’explosions lorsque l’équipe de la CAT fait irruption dans le repaire des terroristes. Le comité a conclu que les scènes de violence n’étaient pas gratuites à la lumière de l’article 1 :

Le comité croit que le concept de « violence gratuite » est parfois mal compris. Il équivaut plus ou moins à l’idée de violence « inutile » – inutile par rapport au développement de l’intrigue, des personnages ou du thème du contenu considéré dans son ensemble. Si le passage violent ne remplit pas au moins une de ces fonctions souvent entremêlées, et donc qu’il n’est pas requis pour faire avancer l’histoire ou développer le thème ou le personnage, le comité l’interprétera comme étant gratuit. Ceci ne veut pas dire que la violence gratuite soit un procédé dramatique inacceptable là où il appartient; mais sa place n’est pas à la télévision canadienne. […]

Cela dit, il est important aussi de ne pas confondre gratuit et sordide. Il peut y avoir de la violence difficile à supporter parce qu’elle est flagrante, crue, sordide ou macabre. On ne doit pas en déduire nécessairement qu’elle ne sert pas un but dramatique. En définitive, le comité doit déterminer quel rôle joue cette scène violente dans le drame pour pouvoir juger si la violence y est gratuite.

[…]

Dans le cas qui nous occupe, le comité reconnaît que le fait d’utiliser une perceuse comme technique de torture est brutal. Sans doute le téléspectateur va-t-il grincer des dents en imaginant la douleur, mais cela ne rend pas le procédé gratuit. Infliger de la souffrance pour convaincre un individu récalcitrant de se plier aux volontés du tortionnaire est un procédé dramatique traditionnel, et qui cadre tout à fait avec cet épisode en particulier de 24. L’originalité de la torture infligée ici ne change pas le rôle joué par la torture dans l’histoire. On pourrait même dire qu’elle confirme le sadisme de Fayed et en fait un individu sans conscience aucune. Le comité détermine aussi que toutes les scènes de meurtre et d’agression qui précèdent ont un rôle à jouer dans la progression de l’intrigue de ce qui constitue incontestablement un épisode violent d’une série tout aussi violente axée sur la chronologie.

Le CCNR a constaté pour la première fois un cas de violence gratuite dans CHCH-TV concernant le long métrage Strange Days (Décision CCNR 98/99-0043 et -0075, 3 février 1999). Dans ce cas, le comité examinait un film de science-fiction intitulé Strange Days qui se déroule dans la ville futuriste de Los Angeles, caractérisée par le crime, la violence, la pauvreté, les conflits raciaux et un ordre social qui s’écroule. Le film raconte l’histoire d’un homme à la poursuite d’un tueur en série qui « enregistre » la mort de ses victimes avec un système de réalité virtuelle permettant à l’utilisateur de faire l’expérience personnelle de ce qui s’est produit. Le film renferme une longue scène dans laquelle on assiste à la strangulation et au viol d’une femme. Le comité a déterminé que cette scène « outrepassait, dans le contexte télévisuel, ce qui était nécessaire au déroulement de l’intrigue » :

Que cette scène ait pu être aussi longue (ou plus longue) dans sa version cinématographique n’est pas en cause. Le Conseil est d’avis que la version télévisuelle aurait pu, en vertu des codes de radiotélédiffusion, être tronquée sans pour autant compromettre l’intégrité artistique du film, et aurait dû l’être de façon à expliciter le sujet sans aller jusqu’à proposer de la violence pour le seul plaisir de la chose.

Dans ce contexte, le comité était aux prises avec le problème de justifier un degré de violence qui normalement serait considéré comme excessif pour une émission de télévision, dans un film pour lequel la violence sert de prémisse. Il en a conclu qu’il y avait là un argument circulaire qui ne pouvait pas servir de défense dans une allégation de violence gratuite.

Question épineuse s’il en est, le conseil a dû déterminer si les scènes de violence que contient Strange Days sont, comme dans le cadre des émissions mentionnées ci-haut, à ce point essentielles au développement de l’intrigue qu’elles ne constituent pas une violence gratuite. La difficulté, dans le cas présent, comme dans les cas éventuels qui ne manqueront pas de se présenter, est que la violence est une des prémisses du film dans la mesure où le contexte est la ville futuriste et assiégée de Los Angeles, « caractérisée par un ordre social qui s’écroule, le crime, la violence, la pauvreté et les conflits raciaux ». Dans ce cas, où la violence sert de prémisse au film, le conseil a dû déterminer si cette seule prémisse justifie toute représentation de violence que les créateurs du long métrage y ont insérée. À cette question circulaire, le conseil a dû répondre que non. Si le contraire était vrai, l’article 1 perdrait tout son sens et le conseil ne peut croire que c’était là l’intention des codificateurs.

Comme il a été indiqué, le comité reconnaît qu’en tant que « slasher », Friday the 13th: Part VII – The New Blood se doit de renfermer des scènes terrifiantes et intenses, ainsi qu’une bonne dose de sang et de carnage. Cependant, ces scènes sont toutes pertinentes à l’intrigue. Le film d’horreur, et en particulier le sous-genre « slasher », dépend essentiellement de scènes comme celles-là. L’intrigue doit absolument comporter des scènes conçues pour terrifier et souvent dégoûter l’auditoire. Autrement dit, la violence et le sang dans ce type de film sont là pour créer un climat intense de terreur et de répulsion. Ce film a connu une vaste popularité et, vu son acceptation générale dans la collectivité, il était normal que la télévision payante veuille le diffuser, à condition que le télédiffuseur fasse un choix judicieux d’horaire, de classement et de mise en garde.

Le comité considère que toute la violence est générée par l’intrigue et se justifie étant donné l’évolution des personnages et le développement du thème dans son ensemble. C’est pourquoi le comité conclut que la violence dans Friday the 13th: Part VII – The New Blood n’est pas « gratuite » au sens où l’entend l’article 1 du Code concernant la violence à la télévision payante.

Est-ce que Friday the 13th – The New Blood renferme des scènes de violence destinées à un public adulte en raison desquelles ce film n’aurait dû être diffusé qu’après 21 h (et avant 6 h) l’article 3.0 du Code concernant la violence à la télévision payante?

Lorsqu’une émission ou un film comporte de la violence qui n’est pas gratuite, mais néanmoins destinée à un public adulte, elle ne doit être diffusée qu’entre 21 h et 6 h. Malgré la plus grande latitude dont jouissent les services de télévision payante, la « plage des heures tardives » s’applique quand même aux émissions pour adultes.

Le CCNR n’a appliqué cette disposition qu’une seule fois dans le cas de la télévision payante (HBO Canada concernant Paradise Lost 3: Purgatory (Décision CCNR 11/12-2012, 13 décembre 2012). La série documentaire analysait le cas de trois adolescents reconnus coupables dans les années 1990 du meurtre de trois gamins de huit ans en Arkansas. Le film renfermait des séquences filmées de la découverte des corps nus et lacérés au milieu d’un boisé. L’un d’eux avait été castré. Il y a eu également des photos des cadavres et des discussions détaillées sur l’état des cadavres pendant que se déroulait le procès des accusés et au cours d’une conférence de presse qui annonçait de nouvelles révélations au sujet de l’affaire. La majorité du comité a conclu que le film aurait dû être diffusé uniquement pendant la « plage des heures tardives » en raison de son thème délicat, et de la violence des images et des descriptions verbales.

À la lumière du Code de l’ACR concernant la violence, le CCNR a expliqué qu’il n’y avait pas de formule mathématiques pour déterminer avec exactitude ce qui constitue des scènes de violence « destinées à un auditoire adulte », mais que la quantité de sang et de carnage, le réalisme, la peur et la suspense générés sont autant de facteurs qui s’additionnent au contexte général et au thème de l’émission dans son ensemble.

Dans TQS concernant le long métrage L’inconnu (Décision CCNR 98/99-0176, 23 juin 1999), le comité du CCNR a conclu que les scènes représentant de la violence et de la sexualité étaient destinées à un auditoire adulte.

Dans ce cas-ci, le conseil n’hésite pas à conclure que les éléments combinés de peur, de suspense, de sang et de scènes explicites dont il est question dans [une] décision [antérieure] sont présents dans le long métrage L’inconnu, du moins dans les scènes montrant le chat mutilé, l’écriture sur le mur avec du sang et la confrontation finale où la psychiatre tue son père et son amant. Le conseil estime que la présence de ces éléments, associée à la nature de suspense et de frayeur du film, font que les scènes susmentionnées sont « réservées à un auditoire adulte ».

Dans Showcase Television concernant le long métrage Destiny to Order (Décision CCNR 00/01-0715, 16 janvier 2002), le comité a examiné un long métrage à caractère fantastique qui avait été diffusé à 14 h. Il comprenait des scènes de violence comme celles d’un motard qui se fait trancher la gorge, d’un individu qu’on étrangle avec un cintre, et d’une tentative de mettre le feu à un homme ligoté, pour finalement l’abattre à bout portant. Le comité a conclu que la violence du film constituait des scènes destinées aux auditoires adultes et donc qu’il aurait dû être diffusé pendant la « période critique » :

Le comité estime que les scènes de violence décrites ci-dessus sont pertinentes au déroulement de l’intrigue. Aucune d’entre elles n’est donc gratuite, ou discutable quant à son rapport au film. Cela dit, le comité trouve que la violence était graphique et explicite et, par conséquent, destinée aux auditoires adultes […].

Dans CTV concernant un épisode de Criminal Minds (« Omnivore ») (Décision CCNR 08/09-1405, 25 juin 2009), le comité a examiné un épisode d’une série dramatique policière impliquant un tueur en série surnommé le Boston Reaper. Le premier meurtre a lieu à peine cinq minutes après le début de l’épisode. Le Reaper frappe un homme au visage avec un pince-monseigneur et il égorge une femme. Plus tard, il poignarde un homme et tire une balle dans le front de sa compagne. Il abat les passagers d’un autobus de ville dont il numérote les vitres avec du sang. Vers la fin de l’épisode, on voit le Reaper dans sa cellule de prison se trancher les poignets sur le châssis de son lit et boire son propre sang. L’épisode a été diffusé à 19 h et le comité a conclu que la nature et la quantité de violence dans ce épisode était très certainement destinées à un auditoire adulte :

La violence est suffisamment fréquente. En fait, on assiste à un total de douze meurtres individuels, dont quatre personnes individuelles qui sont soit dans le siège du conducteur, soit dans celui du passager de leur propre voiture, sept de personnes à bord d’un autobus et un hors écran dont la victime est un agent de police. Les meurtres sont présentés dans tous leurs détails, et dans le cas de ceux qui ne sont pas montrés directement, les conséquences sanglantes et effroyables sont montrées de manière explicite. Une peur palpable se dégage des personnes sur le point de perdre la vie et le téléspectateur sur le point de voir ces exécutions vit un suspense à court terme qui suscite la terreur.

Friday the 13th: Part VII – The New Blood, diffusé à partir de 16 h 45, renferme un grand nombre de scènes de violence et de sang. Bien qu’aucune de ces scènes ne soit gratuite, elles montrent par exemple Jason se débarrassant d’un cadavre à coups de pelle, ou lançant une hache sur un homme, puis en gros plan, la hache pénétrant dans la tête de cet homme quand il tombe à la renverse. L’image du sang qui gicle ou s’écoule d’une blessure est récurrente. Le corps de ses victimes est souvent découvert plus tard, pendu ou cloué à un arbre de façon macabre; il enfonce un klaxon dans le visage d’une femme; enfin il abandonne une tête humaine dans le chalet où séjournent des adolescents. Pendant tout le film, Jason porte des vêtements sombres en lambeaux, qui laissent voir les os de son dos. Ses attaques sont précédées d’effets sonores sinistres, qui sont la signature de la série. Il est lui-même tour à tour électrocuté, étranglé, brûlé, blessé par balle et transpercé de clous et, à un moment donné, son masque de hockey en tombant révèle un visage en décomposition avancée, une peau grisâtre, des yeux injectés de sang, des trous à la place du nez et de dents jaunes désalignées.

Comme il est dit plus haut, l’intrigue d’un film d’horreur, et plus particulièrement d’un « slasher », est constituée d’un enchaînement de scènes terrifiantes et intenses émaillées de violence et de sang. Ici et là, il peut y avoir un peu de sexe et de nudité, ainsi qu’un langage grossier et offensant, comme dans cet épisode de Friday the 13th. Le comité conclut que dans Friday the 13th: Part VII – The New Blood, il y a de multiples scènes de violence et de carnage qui sont terrifiantes et intenses et, par conséquent, destinées à un public adulte. Bien que la violence soit pertinente à l’intrigue et justifiée vu les personnages et le contenu dans son ensemble, elle est explicite et réaliste et ne devrait être montrée que dans la plage des heures tardives. Par conséquent, le comité conclut que Friday the 13th: Part VII – The New Blood renferme des scènes de violence destinées à un auditoire adulte et qu’il aurait dû être diffusé après 21 h seulement (et avant 6 h) en vertu de l’article 3.0 du Code concernant la violence à la télévision payante.

Saw 3D: The Final Chapter

Est-ce que Saw 3D: The Final Chapter comporte du matériel pouvant être qualifié d’« offensant en vertu des normes générales de la collectivité » selon l’article B(4) du Code concernant la programmation à la télévision payante?

Pour répondre à cette question, le comité s’est appuyé sur les principes et précédents concernant les normes de la collectivité qu’il invoque dans la section qui traite de Friday the 13th: Part VII – The New Blood.

Saw 3D: The Final Chapter, septième long métrage de la série d’horreur Saw, a été lancé en salles en 2010. Comme les films semblables qui datent du début des années 2000, la série Saw a porté l’horreur à un autre niveau. En combinant les éléments propres au sous-genre « slasher » avec ceux du sous-genre « splatter », ces films insistent surtout sur la mutilation des corps humains et décrivent ce genre d’activités dans le plus morbide détail, sur le plan autant physique que psychologique. Comme le sous-genre « slasher » qui l’a précédé, Saw et ses pareils ont été largement distribués et se sont valu une grande popularité auprès de certains auditoires, ce qui amène le comité (à l’exception de S. Crawford) à parler d’acceptation au sens large de la définition des normes générales de la collectivité.

Dans cet opus de la franchise, deux individus rivalisent dans le but de perpétuer la tradition de Jigsaw qui consiste à forcer les gens à surmonter une série de tortures pour être guéris de leur problème personnel. La torture et le carnage récurrents sont d’un réalisme cru et il y a donc énormément de violence, voire de violence extrême et de sang comme le veut ce genre cinématographique. Il y aussi un usage fréquent du mot « fuck ». Si ce film est axé sur la violence et le sang, c’est parce que l’intrigue repose essentiellement sur la torture et le meurtre qu’impliquent les pièges qui se dressent les uns après les autres. Les scènes extrêmement violentes et troublantes sont donc toutes pertinentes à l’intrigue.

Le comité reconnaît que Saw 3D: The Final Chapter renferme en effet des scènes terrifiantes et intenses et beaucoup de violence et de sang. Il s’agit sans aucun doute d’un film très troublant.

Le comité estime néanmoins que ce film ne renferme pas de contenu « offensant en vertu des normes générales de la collectivité » pour les motifs exposés dans la section qui traite du film Friday the 13th: Part VII – The New Blood à propos des « normes de la collectivité ».

Les normes générales de la collectivité ne sont pas censées servir d’outil de censure. Avec les mises en garde et le classement appropriés, tout un éventail d’émissions – et notamment les films d’horreur – peut faire partie du paysage de la radiodiffusion canadienne.

Est-ce que la présence du mot « fuck » dans Saw 3D: The Final Chapter en fait du matériel destiné à un public adulte ne devant être diffusé qu’après 21 h (et avant 6 h) selon l’article E(1)(a) du Code concernant la programmation à la télévision payante?

Pour répondre à cette question, le comité s’est appuyé sur les principes et précédents concernant le langage grossier qu’il invoque dans la section qui traite de Friday the 13th: Part VII – The New Blood. Le comité considère aussi qu’une émission qui commence avant l’heure critique de 21 h et se termine après doit être traitée comme une émission de programmation en dehors de la plage horaire tardive du début à la fin. Cela signifie que, même si la première partie du film est bénigne et que tout le langage grossier se rencontre après 21 h, l’émission sera tout de même considérée comme ayant violé les dispositions des codes sur l’horaire. Ce n’est pas le cas de Saw 3D néanmoins puisque le langage grossier se fait entendre presque au début de l’émission à 20 h 08.

Pour déterminer si le contenu de Saw 3D: The Final Chapter enfreint cette disposition du code, le comité s’est demandé si le langage grossier ou offensant avait été diffusé en dehors de la plage des heures tardives. Le comité note que le mot « fuck » et ses variantes sont répétés tout au long du film.

Conformément aux précédents établis par le CCNR, la majorité du comité conclut que l’emploi du mot « fuck » dans Saw 3D: The Final Chapter contrevient à l’article E(1)(a) du Code concernant la programmation à la télévision payante.

Les deux membres dissidents sur ce même point dans le cas de Friday the 13th: Part VII – The New Blood maintiennent leur position sur l’utilisation du mot « fuck » à la télévision payante et ne constatent aucune violation sur le plan du langage dans Saw 3D.

Est-ce que Saw 3D: The Final Chapter renferme de la violence gratuite au sens de l’article 1.0 du Code concernant la violence à la télévision payante?

Pour répondre à cette question, le comité s’est appuyé sur les principes et précédents concernant la violence gratuite qu’il invoque dans la section qui traite de Friday the 13th: Part VII – The New Blood.

La majorité du comité, sauf pour une dissidence et une abstention, reconnaît que Saw 3D: The Final Chapter renferme des scènes terrifiantes et intenses, beaucoup de sang et de carnage, et qu’il est très troublant à regarder. Cependant, ces scènes troublantes et terrifiantes sont toutes pertinentes à l’intrigue. Le film d’horreur, et en particulier ce sous-genre, dépend essentiellement de scènes comme celles-là. L’intrigue exige des scènes conçues pour effrayer et dégoûter l’auditoire. Autrement dit, la violence et le carnage dans ce type de film sont là pour créer un climat intense de frayeur et de répulsion. Comme le mentionne l’un des précédents cités ci-dessus, il est important de ne pas confondre gratuit et sordide. Les pièges compliqués conçus pour la torture, les mutilations et les assassinats qui en résultent illustrent le degré de créativité sadique de leurs auteurs. C’est pourquoi dans Saw 3D: The Final Chapter, toute la violence est commandée par l’intrigue et justifiée par la nature des personnages et l’ensemble du contenu. La violence est la raison d’être du film. Ce film a été largement distribué et, vu son acceptation générale dans la collectivité, il était normal que la télévision payante veuille le diffuser, à condition que le télédiffuseur fasse un choix judicieux d’horaire, de classement et de mises en garde applicables à la télévision payante.

Ainsi, la majorité du comité conclut que la violence dans Saw 3D: The Final Chapter n’est pas « gratuite » au sens où l’entend l’article 1 du Code concernant la violence à la télévision payante. Un membre décideur, S. Crawford, s’est abstenue parce qu’elle considère que ce film correspond à la fois à la définition de « violence gratuite » dans les décisions du CCNR citées dans la section qui traite de « violence gratuite » pour le film Friday the 13th: Part VII – The New Blood, et au critère pour un contenu violent acceptable cité dans ces mêmes précédents. Elle estime paradoxale la tentative de réconcilier le fait que la violence et le carnage se justifient quand ils jouent un rôle évident dans le déroulement de l’intrigue, et qu’ils deviennent un effet dramatique quand l’intrigue s’avère être en elle-même de la violence gratuite. Qu’en est-il au juste? Si l’intrigue est requise, mais que la violence gratuite peut aussi la remplacer comme effet dramatique, il est difficile – et dans ce cas-ci impossible – de conclure dans un sens ou dans l’autre.

Opinion dissidente de K. Gifford

Saw 3D: The Final Chapter est un film qui renferme, du début à la fin, de la « violence gratuite » contraire à l’article 1 du Code concernant la violence à la télévision payante. Plus ou moins de la première scène à la dernière, la violence explicite, le sang et les carnages ne s’interrompent jamais. À mon avis, la violence est « gratuite » d’après les précédents cités ailleurs dans cette décision. La violence explicite n’a pas un rôle à jouer dans le déroulement de l’intrigue : elle constitue elle-même l’intrigue. La prémisse du film est une série de pièges qui servent à torturer de façon explicite et le carnage n’est pas seulement ininterrompu, il augmente avec la progression du film. Je ne vois pas dans cette série de pièges avec ses tortures explicites et violentes un effet dramatique légitime, et certainement pas un effet dramatique qui devrait figurer sur les services de télévision canadiens. Accepter que ce genre de contenu soit montré en toute légitimité sur des services de télévision canadiens signifierait que les normes de radiodiffusion au Canada ne veulent rien dire puisqu’on peut y diffuser plus ou moins n’importe quoi. À mon avis, du moment qu’on acceptera que Saw 3D: The Final Chapter soit diffusé, alors ce sera tout et n’importe quoi. S’il est vrai que les services de télévision payante ont été autorisés pour montrer à la télévision les films distribués en salles, les normes quant à elles ont été créées pour s’assurer que cette plateforme de radiodiffusion ne diffuserait pas nécessairement tout et n’importe quel contenu qui a été vu en salles. Même avec des mises en garde et un classement appropriés, ce type de contenu n’a tout simplement pas sa place sur des services de télévision canadiens.

Est-ce que Saw 3D: The Final Chapter renferme des scènes de violence destinées à un auditoire adulte en raison desquelles ce film n’aurait dû être diffusé qu’après 21 h (et avant 6 h) selon l’article 3.0 du Code concernant la violence à la télévision payante?

Pour répondre à cette question, le comité s’est appuyé sur les principes et précédents concernant la violence qu’il invoque dans la section qui traite de Friday the 13th: Part VII – The New Blood. Le comité rappelle aussi qu’une émission qui commence avant l’heure critique de 21 h et se termine après doit être traitée comme une émission de programmation en dehors de la plage horaire tardive du début à la fin. Cela signifie que, même si la première partie du film est bénigne et que tout le contenu violent se rencontre après 21 h, l’émission sera tout de même considérée comme ayant violé les dispositions des codes sur l’horaire. Ce n’est pas le cas de Saw 3D néanmoins puisque la violence extrême apparaît sitôt après le début de l’émission à 20 h 08.

Saw 3D: The Final Chapter est essentiellement une succession de scènes dérangeantes, violentes et sanglantes. Bien que la majorité du comité ait conclu qu’aucune de ces scènes n’était gratuite, il y a de multiples scènes extrêmement violentes, dérangeantes et sanglantes pendant toute la durée du film. Par exemple, deux hommes sont ligotés à un établi avec une scie circulaire au milieu tandis que la femme qui les a trompés l’un avec l’autre est suspendue au plafond. Les deux hommes ont le choix entre chercher à s’entretuer ou laisser tomber la femme sur la scie. Ils optent pour la seconde solution et tandis que la scie lui dissèque la taille, on entend ses hurlements et son sang les éclabousse tous les trois.

D’autres scènes montrent : un homme qui cautérise sa propre jambe déchiquetée en plaçant le moignon sur une conduite de vapeur, une séquence de rêve dans laquelle une femme est sciée en deux; un homme collé au siège de son auto, qui doit s’arracher la peau pour arriver à remonter un levier et sauver ses amis; un homme dont les bras et la langue sont extirpés par une voiture en marche; le visage d’une femme réduit en bouillie par un pneu qui atterrit sur elle en tournant à plein régime; une femme attachée à une roue de hamster de taille humaine dont les yeux et la bouche se font percer par des clous; une autre femme emprisonnée dans une espèce d’engin dont les crampons lui transpercent le cou et la tête; des policiers transpercés de balles tirées d’une arme montée en tourelle; et un homme qu’on pend au plafond d’un entrepôt.

Un homme est forcé de s’arracher lui-même deux dents, de perforer ses pectoraux avec des crochets et de se hisser sur des chaînes pour tâcher de relier deux rallonges avant que sonne la minuterie, sinon sa femme mourra. Il perd le défi et assiste, impuissant, au supplice de sa femme brûlée vive à l’intérieur d’un taureau d’airain.

Dans le combat qui oppose Hoffman à l’ex-femme de Jigsaw, il y a une longue et violente lutte devant le poste de police, à l’issue de laquelle Hoffman enchaîne la femme à une chaise, place au-dessus de sa tête un piège à ours en marche inverse jusqu’à ce que la mâchoire géante du piège lui arrache la figure, faisant voler la peau et le sang dans tous les sens. En gros plan, on voit le trou où se trouvait sa figure, et le sang qui s’en écoule.

Plus tard, Hoffman est capturé par un autre personnage qu’on avait vu, dans le tout premier film de Saw, scier son propre pied pour s’échapper. Il s’avère que, tout ce temps, il agissait de connivence avec Jigsaw. L’homme ligote Hoffman à l’intérieur des toilettes de l’entrepôt où il a été capturé, jette l’égoïne hors de sa portée, éteint les lumières, tourne la clé dans la porte et s’en va, ce qui laisse présumer que Hoffman finira par mourir dans la pièce.

Comme il est dit plus haut, l’intrigue d’un film d’horreur, et plus particulièrement d’un « slasher-splatter », est constituée d’un enchaînement de scènes terrifiantes et intenses émaillées de violence et de sang. Ici et là, il peut y avoir un peu de sexe et de nudité (il n’y en a pas dans Saw 3D), ainsi qu’un langage grossier et offensant. Le comité conclut que dans Saw 3D, il y a de multiples scènes de violence et de carnage qui sont terrifiantes et intenses et, par conséquent, destinées à un auditoire adulte. Bien que la violence soit pertinente à l’intrigue et justifiée par les personnages et le contenu dans son ensemble, elle est explicite et réaliste et ne devrait être montrée que dans la plage des heures tardives. Par conséquent, le comité conclut que Saw 3D: The Final Chapter renferme manifestement des scènes de violence destinées à un auditoire adulte et qu’il aurait dû être diffusé après 21 h seulement (et avant 6 h) en vertu de l’article 3.0 du Code concernant la violence à la télévision payante.

Pet Sematary

Est-ce que Pet Sematary comporte du matériel pouvant être qualifié d’« offensant en vertu des normes générales de la collectivité » selon l’article B(4) du Code concernant la programmation à la télévision payante?

Pour répondre à cette question, le comité s’est appuyé sur les principes et précédents à l’égard des normes de la collectivité qu’il invoque dans la section qui traite du film Friday the 13th: Part VII – The New Blood.

Pet Sematary est un film d’horreur tiré d’un roman de Stephen King et distribué en salles en 1989. La cote accordée par Super Channel était 18A, et la mise en garde mentionnait un sujet délicat, de la violence et du langage grossier. Par définition, un film d’horreur doit renfermer des scènes terrifiantes et intenses et très souvent de la violence et du sang. Les films d’horreur peuvent aussi comporter de la sexualité, de la nudité et du langage grossier.

Le comité reconnaît que Pet Sematary renferme des scènes terrifiantes et intenses et une certaine dose de violence et de sang. Ces scènes sont néanmoins toutes inhérentes au déroulement de l’intrigue. Bien qu’il n’y ait ni sexualité ni nudité, le film comporte du langage grossier.

Le comité estime que ce film ne renferme pas de contenu « offensant en vertu des normes générales de la collectivité » pour les motifs exposés dans la section qui traite du film Friday the 13th: Part VII – The New Blood à propos des « normes de la collectivité ».

Le comité souscrit aussi au Rapport au CRTC relatif aux normes de la collectivité en ce que, ensemble, le système de classification, les mises en garde à l’auditoire et la plage des heures tardives constituent les normes de la collectivité les plus « visibles ». Les normes générales de la collectivité ne sont pas censées servir d’outil de censure. Avec les mises en garde et le classement appropriés, tout un éventail d’émissions – et notamment les films d’horreur – peut faire partie du paysage de la radiodiffusion canadienne.

Est-ce que la présence du mot « fuck » dans Pet Sematary en fait du matériel destiné à un public adulte ne devant être diffusé qu’après 21 h (et avant 6 h) selon l’article E(1)(a) du Code concernant la programmation à la télévision payante?

Pour répondre à cette question, le comité s’est appuyé sur les principes et précédents concernant le langage grossier qu’il invoque dans la section qui traite de Friday the 13th: Part VII – The New Blood.

Pour déterminer si le contenu de Pet Sematary avait enfreint cette disposition du code, le comité s’est demandé si le langage grossier ou offensant avait été diffusé en dehors de la plage des heures tardives. Le comité note que le mot « fuck » est apparu une fois.

Conformément aux précédents établis par le CCNR, la majorité du comité conclut que l’emploi du mot « fuck » dans Pet Sematary contrevient à l’article E(1)(a) du Code concernant la programmation à la télévision payante.

Les deux membres dissidents sur ce point dans le cas de Friday the 13th: Part VII – The New Blood maintiennent leur position concernant l’utilisation du mot « fuck » à la télévision payante et ne constatent aucune violation sur le plan du langage dans Pet Sematary.

Est-ce que Pet Sematary renferme de la violence gratuite au sens de l’article 1.0 du Code concernant la violence à la télévision payante?

Pour répondre à cette question, le comité s’est appuyé sur les principes et précédents concernant la violence gratuite qu’il invoque dans la section qui traite de Friday the 13th: Part VII – The New Blood.

Comme il est dit plus haut, le comité reconnaît que Pet Sematary renferme des scènes terrifiantes et intenses et une certaine dose de violence et de sang. Ces scènes sont cependant toutes pertinentes à l’intrigue. Le film d’horreur dépend essentiellement de scènes comme celles-là. L’intrigue exige des scènes conçues pour effrayer et souvent dégoûter l’auditoire. La violence et le sang dans ce type de film sont là pour créer un climat intense de frayeur. Bien qu’il soit un film d’horreur, Pet Sematary est loin d’en être la version la plus intense. Toute la violence est inhérente au déroulement de l’intrigue et se justifie étant donné les personnages et le contenu dans son ensemble. C’est pourquoi le comité conclut que la violence dans Pet Sematary n’est pas « gratuite » tel que l’entend l’article 1 du Code concernant la violence à la télévision payante.

Est-ce que Pet Sematary renferme des scènes de violence destinées à un auditoire adulte en raison desquelles ce film n’aurait dû être diffusé qu’après 21 h (et avant 6 h) selon l’article 3.0 du Code concernant la violence à la télévision payante?

Pour répondre à cette question, le comité s’est appuyé sur les principes et précédents concernant la violence gratuite qu’il invoque dans la section qui traite de Friday the 13th: Part VII – The New Blood.

APPENDIX A

The Complaint

The CBSC received the following complaint via its webform on November 14, 2019:

Name of Television or Radio Station: various

Program Name: various

Specific Concern:

Hostel

Super Channel Vault

2019/10/20 8:00-9:35pm

specific concern:

at least 135 uses of the F-word and variations of it,

several scenes of sexuality around 8:05pm, 8:07pm, 8:10pm, 8:26pm,

several scenes of violence for example around 9:06pm and 9:29pm.

 

Sorry to Bother You

Super Channel Fuse

2019/10/23 12:15-2:15pm

specific concern:

at least 187 uses of the F-word and variations of it,

2 scenes of sexual activity around 12:28pm and 1:28pm.

 

Little Children

Super Channel Vault

2019/10/24 12:15-2:45pm

specific concern:

at least 16 uses of the F-word and variations of it,

several scenes of sexuality for example around 1:13pm and 1:34pm.

 

Cecil B. Demented

Super Channel Vault

2019/10/24 2:45-4:15pm

specific concern:

at least 76 uses of the F-word and variations of it.

 

Hobo With a Shotgun

Super Channel Vault

2019/10/27 2:50-4:20pm

specific concern:

at least 130 uses of the F-word and variations of it,

several scenes of violence for example around 3:13pm and 3:32pm.

 

Hostel Part II

Super Channel Vault

2019/10/27 8:05-9:40pm

specific concern:

at least 82 uses of the F-word and variations of it,

several scenes of violence for example around 8:57pm and 9:33pm,

sexual activity around 9:11pm.

 

Scarecrows

Super Channel Fuse

2019/10/29 11:05am-12:30pm

specific concern:

at least 27 uses of the F-word and variations of it.

 

Pet Sematary

Super Channel Vault

2019/11/08 10:35am-12:20pm

specific concern:

1 scene of nudity around 11:26am,

1 use of the F-word around 11:30am.

The viewer advisory does not mention nudity.

 

Friday the 13th Part VII: The New Blood

Super Channel Vault

2019/10/31 4:45-6:15pm

specific concern:

at least 7 uses of the F-word and variations of it,

several scenes of sexuality around 4:58pm, 5:36pm, 5:40pm.

 

Saw: The Final Chapter

Super Channel Vault

2019/10/31 8:00-9:30pm

specific concern:

at least 89 uses of the F-word and variations of it,

several scenes of violence for example around 8:08pm and 9:20pm.

 

Zero Dark Thirty

Super Channel Vault

2019/11/11 2:45-5:30pm

specific concern:

several uses of the f-word and variations of it.

 

A Cure for Wellness

Super Channel Fuse

2019/11/13 6:35-9:05pm

specific concern:

several uses of the f-word and variations of it,

scene of sexual assault around 8:48pm.

 

GINX Plays

GINX Esports TV Canada

2019/11/14 3:00-3:30pm

specific concern:

at least 4 uses of the F-word and variations of it around 3:04pm, 3:20pm, 3:22pm, 3:23pm.

The rating of 18A seems high.

 

The First Hour

GINX Esports TV Canada

2019/11/01 5:00-6:00pm

specific concern:

at least 2 variations of the F-word appear around 5:38pm, 5:39pm,

at least 1 variation of the F-word and the S-word appear during the advertisement for a TV series on Super Channel Fuse.

 

Squad

GINX Esports TV Canada

2019/11/14 1:00-2:00pm

specific concern:

several uses of the F-word and variations of it around 1:18pm, 1:20pm.

The rating of 18A seems high.

Broadcaster Response

The station responded to the complainant on December 19:

We understand that you have issued a complaint to The Canadian Broadcast Standards Council (CBSC) regarding various movies and programs broadcast on Super Channel Vault, Super Channel Fuse and Ginx Esports TV Canada on several dates.

As a member in good standing with the CBSC, Super Channel welcomes comments from viewers and takes seriously any issues our viewers may have with our programming. We adhere to respecting the regulations as a pay tv service concerning programming content with mature language, violence and sexuality, and take our broadcast and programming responsibilities very seriously.

On an ongoing basis, we strive to ensure the appropriate viewer advisories and classification disclaimers are present at the start of each program/movie. After receiving your complaint, we reviewed the program loggers related to the programming you referred to us and we found the required viewer and classification notices were in effect, presented at the beginning of each program/movie. However, we also realized there seems to have been a few occasions where scheduling practices resulted in some mature content being aired prior to the prescribed late-night viewing hours. As a result, we wish to ensure you that we have, and are, taking steps to make sure this type of oversight does not happen again.

Once again, thank you for taking the time to bring your concerns to our attention and we sincerely hope you will continue to be a regular viewer of programming on Super Channel.

Additional Correspondence

The complainant submitted his Ruling Request on December 19. He did not make any additional comments.

Once it had been notified of the upcoming Panel meeting, Super Channel submitted the following short note:

[F]urther to below [referring to an email sent by CBSC to Super Channel advising them of the Panel adjudication meeting], I would like to point out that Super Channel is still licensed under the CRTC as a Pay TV service and the Rogers’ subscriber who complained had to subscribe to a Pay TV service. Since this complaint has been brought to our attention we have taken measures to bring our scheduling more in line as a discretionary service. But for the record, our current CRTC license is still as a Pay TV service.

That is the only additional information I’d like to provide at this time.

APPENDIX B

Super Channel is a pay television service with four multiplex channels. Three of those four multiplexes are at issue in this file.

All of the channels are broadcast from Toronto on Eastern Time (even though Super Channel’s corporate headquarters are in Alberta).

Super Channel Vault

Pet Sematary

November 8, 2019

10:45 am

Pet Sematary is a 1989 horror feature film based on the novel of the same name by Stephen King. The plot of the movie centres on the Creed family – father Louis, mother Rachel, 8-year-old daughter Ellen (“Ellie”) and toddler son Gage. The family has moved to rural Maine from Chicago so that Louis can work as a doctor at the nearby college. When Ellie’s cat Church dies, across-the-street neighbour Jud Crandall shows Louis a “Micmac” burial ground located deep in the woods behind their house, past the titular pet cemetery. Creatures buried at the site come back to life, but as malevolent, violent versions of their former selves.

The broadcast was preceded by a viewer advisory in audio and video formats at 10:44 am:

[words on screen]

The following presentation is rated

       |18A|

Viewer discretion is advised.

          |MS| Mature Subject Matter

|CL| Coarse Language       |V| Violence

[voice-over] The following presentation is rated 18A. This presentation deals with mature subject matter and contains scenes with violence and coarse language. Viewer discretion is advised.

The following are the times and descriptions of the most relevant scenes:

10:46:51 opening scene

There are slow pan close-ups of deteriorating wooden crosses and stone tomb stones in a wooded area. Some have words carved into them. The audio is eerie chanting and children singing with occasional children’s voices saying things like, “Bye, Old Shep. See you in heaven”, “Spot, goodbye. We love you.” An aerial shot then reveals that these are arranged in a circle in a field surrounded by woods.

10:49:41

Ellie is playing on a tire swing hanging from a tree in their front yard. Ellie notices a path leading into the woods. She yells that she sees a cat, then the rope holding the swing breaks and Ellie falls out of the tree with the tire on top of her. Her parents rush over to help and do not notice that toddler Gage is walking around near the busy road. He almost gets hit by a truck, but neighbour Jud Crandall scoops him up just in time. Rachel asks Jud where the path leads. He hesitates, but says he will take them there sometime.

10:56:13

Jud takes the Creed family to see the pet cemetery. He says the busy road has killed a lot of pets and made a lot kids unhappy.

11:02:12-11:04:03

At the college, a group of students are carrying a young man (Victor Pascow) with a massive head wound up the stairs of the medical building. They say he was hit by a truck. There is a lot of blood on the young man’s head and what looks like brains spilling out. There is a commotion around him as students are shouting and screaming. Dr. Creed starts doing interventions to save Victor’s life, but he does not succeed. Dr. Creed is alone with the body behind the hospital curtain. The side of the man’s head is still covered in blood and ooze. Creed closes Victor’s eyes. There is a close-up of the gory head wound. The young man suddenly opens his eyes and gasps, and grabs Louis’s shoulder. He whispers, “The soil of a man’s heart is stonier, Louis”. Victor coughs blood. Louis says “How did you know my name?”, then Victor says “I’ll come see you”. Victor smiles a sinister, bloody smile with wide eyes, then his head falls back and he dies.

11:04:42-11:08:08

It is nighttime at the Creed house. Louis is startled awake by Victor’s ghost. The head wound still appears wet with blood & ooze and one eye is dulled. Victor insists that Louis go with him and walks out of Louis’s bedroom. Louis goes down to his creepy dark basement to look for Victor’s ghost. The ghost pops out and grabs Louis’s shoulder. Victor leads Louis down the path to the pet cemetery and warns him to never go further past “the barrier” because “the ground beyond is sour”. There is a blue glowing light coming from that area.

11:10:35-11:15:31

Jud phoned Louis to say he thinks Ellie’s cat Church is dead on his lawn. Louis goes over and examines the stiff cat corpse. Louis peels the cat off the ground and Jud holds a garbage bag open for Louis to put the body in. Jud suggests they bury it past the barrier that Victor’s ghost warned Louis about. Louis is reluctant, but follows Jud anyway. They have to climb up a hill and over a lot of bramble. Jud warns Louis not to stop, but Louis does and the branch he is standing on breaks, causing Louis to fall. Jud helps Louis up and they continue on through the woods. Louis hears an unusual scream and asks Jud what it is. Jud tells Louis to shush, but says it was just a loon. After climbing some cliffs, they eventually arrive at a clearing where rocks are arranged in circular patterns. Jud explains that it was the burial ground of “Micmac Indians” and he wants Louis to bury Ellie’s cat there, but he will not explain why. Jud hands Louis the shovel but says he will not help because “each buries his own”. Jud sits and smokes while Louis digs.

11:16:55-11:17:07

Jud tells Louis to keep what they did a secret because “the soil of a man’s heart, Louis, is stonier than the soil out there on the old ‘Micmac’ burying ground”. Louis flashes back to Victor using this same wording to warn Louis as Victor was dying.

11:18:57-11:19:13

Louis goes into his basement. Church is there with glowing eyes and hisses at him. It startles Louis and he falls backward. Church runs away.

11:19:48-11:20:11

Louis picks up Church to look at him because he cannot believe that Church has been resurrected. Louis says “Jesus Christ!” then Church scratches his cheek. Louis drops Church and puts his hand to his cheek. When he moves his hand away there are two claw scratch marks.

11:22:16

Louis: Has anyone ever buried a person up there?

Jud: [is so surprised by the question that he knocks the bottles off the table] Christ on his throne, no! Who ever would?

11:23:23-11:23:56

Louis is in the bathtub. A rat falls into the bath. Louis is startled and throws the rat on the floor. He looks up and sees Church standing on the counter with glowing eyes. Louis yells, “How the hell did you get in here?” and Church hisses. Louis shoos Church off the counter and accidentally steps on the dead rat.

11:25:45-11:26:27

The Creeds’ housekeeper Missy, who has complained of stomach pains in previous scenes, writes a suicide note, goes to the basement, and gets up on a table where she has already hung a noose. She wraps the noose around her neck and slowly steps off the table. There is the sound of her gasping and gurgling and a close-up of her feet dangling. Her whole body is then shown hanging limply from the noose. There is then a shot of the “Micmac” burial ground.

11:29:29-11:32:01

Rachel tells Louis about when her sister Zelda died from spinal meningitis. The story is shown in flashback. Rachel is a little girl. She opens a bedroom door. There is another girl, possibly adolescent age, lying on the bed. This girl, Zelda, is very bony and wearing a nightgown. Her spine is contorted and her face is pale, gaunt and bruised. Young Rachel spoon feeds Zelda as adult Rachel tells Louis she used to have to feed her sister sometimes and hated it. Zelda begins gagging. Adult Rachel tells Louis her family wished that her sister would die so that she would be free from pain and so they would not feel any more pain because she was like a monster of which they were ashamed. There is a close-up of Zelda’s deformed back. Adult Rachel says her parents were gone when Zelda died. Young Rachel is standing on the stairs inside her house. Zelda is yelling “Rachel” in a creepy voice and gripping the bedsheets as she convulses. Young Rachel slaps Zelda on the back to try to help. Zelda continues to convulse as her eyes roll back in her head, but for a moment she stares intently at Rachel and reaches a bony hand toward her, then collapses partially hanging off the bed. Young Rachel runs out of the room. Adult Rachel explains she was scared that her parents would come home and accuse her of murdering Zelda because she hated Zelda and wanted her to be dead; Rachel acknowledges she did feel that way about Zelda.

11:34:32-11:35:28

Gage starts toddling too close to the road in pursuit of his kite string. Jud & Rachel notice and start screaming “Get the baby!” Louis runs, but Gage gets onto the road. A truck is barrelling down on Gage. The driver’s eyes go wide and he slams on the brakes when he sees Gage. The viewer sees Gage standing right in front of the oncoming truck, followed by a close-up of the underside of the truck as it passes over, followed by the red kite spiralling to the ground and a little shoe falling onto the road. The truck is turned over and Louis screams “No!” repeatedly as family photographs of Gage flash on screen.

11:37:40-11:38:11

At Gage’s funeral, Rachel’s father, Irwin, starts yelling at Louis, “I hope you rot in hell! Where were you when he was playing in the road!? You stinking shit! You killer of children!”. Irwin punches Louis and Louis falls down. Irwin kicks Louis as Rachel screams and there is a commotion to stop the fight. Irwin throws Louis against the casket and it falls open briefly. Louis screams and tries to move toward the casket while someone else holds him back.

11:39:39

Louis opens the door to the room where is wife is sleeping. Church is sitting on the bed beside her with glowing eyes, staring and growling at Louis. Louis says “Fuck off, hairball”. The cat jumps at his face and then runs out of the room.

11:42:37-11:44:28

Jud tells Louis the story of a local man whose son, Timmy Bateman, died when returning home from World War II. The man was so grief-stricken that he buried Timmy in the “Micmac” burial ground. Jud says the person that gets buried there does not come back as the same person. There is a flashback in which Jud describes what happened to Timmy. Timmy is on his hands & knees in the yard of a house; Timmy looks up and is gnawing on a bloody bone from a child’s leg with a shoe still on the foot. Timmy’s face is covered in blood and he is acting like an animal, gouging his fingers into his own face until it bleeds and grunting/cackling. A woman is beating her laundry on the line. Timmy approaches, walking with a limp and the woman screams and runs away. Jud tells how the neighbouring “menfolk” (of which he was one) got together to plan to kill Timmy. They drive to the Bateman house where they see Timmy & his father struggling. The group of men break the windows and throw gasoline into the house and light it ablaze. Timmy fights with his father and has his father in a headlock, preventing him from escaping the house, which goes up in flames. Jud insists to Louis that the burial ground is evil and he should not consider burying his son there.

11:47:16-11:47:37

Louis is at the regular cemetery preparing to dig up Gage and move him to the “Micmac” burial ground. He sees the ghost of Victor Pascow standing near another tomb stone. Victor is pale with the gory head wound still visible and blood on his clothing. Victor ominously reminds Louis that the barrier was not meant to be crossed.

11:49:38-11:50:05

Ellie & Rachel have gone to stay with Rachel’s parents. Ellie has just told Rachel that she saw a ghost named “Pax-cow” who told her her daddy was going to do something bad. Rachel reassures Ellie that it was just a bad dream. Rachel is walking down the hallway in her parents’ house repeating the word “Pax-cow”. Victor’s ghost appears beside her with his gory head wound fully visible, but Rachel does not see him. He whispers “Pascow” to Rachel. Rachel realizes who Ellie was referring to and rushes down the stairs. Victor nods approvingly and smiles slightly.

11:53:09-11:53:59

Night has fallen and Louis has dug up Gage’s casket. He is holding Gage’s body tightly in his arms, rocking it, saying “It’s going to be all right. I swear, it’s going to be all right.” He puts the body down and wraps it in a sheet.

11:54:20-11:55:09

Rachel is in the hallway of her parents’ house at night. She goes to the bedroom that was Zelda’s. Zelda’s ghost is lying on the bed in a contorted position. Zelda sits up suddenly. She is still gaunt and pale and holds her hands in front of her in an unnatural position. She says in an eerie voice, “I’m coming for you, Rachel. And this time, I’ll get you. [her voice switches to a deeper scary voice] Gage and I will get you. For letting us die!” Zelda cackles menacingly.

11:55:23-11:55:26

Rachel is on an airplane going back home. Victor Pascow’s ghost is sitting across the aisle and one row behind her. He looks the same as in his previous scenes with his gaping head wound and one unseeing eye. He is smiling.

11:55:50-11:55:56

Victor Pascow’s ghost is standing near the passageway that leads to Rachel’s connecting flight, as Rachel hurries to make it onto the plane. He prevents the flight attendant from closing the door. Neither Rachel nor the flight attendant sees him.

11:56:10-11:57:32

Louis walks with Gage’s wrapped body down the path that leads to the pet cemetery, past it and on to the “Micmac” burial ground. There is a bluish light coming from deep in the woods, as well as strange noises and a tree falls down.

11:57:34-11:57:54

Rachel is at the desk of a car rental company being told there is nothing available. Victor’s ghost is standing beside her. He says something about one car that is available and the woman at the car rental desk immediately parrots his words and offers Rachel that car, but he is invisible to the two women.

11:58:11-11:58:35

Louis is climbing up the cliff with Gage’s body. He looks down at one point and a scary apparition with an ominous voice moves towards him and transforms into a scary face. Louis closes his eyes for a moment and the apparition disappears with a gagging noise.

11:59:28-11:59:40

Rachel’s rental car gets a flat tire and causes her to drive off the road. Rachel gets out the car and says to herself, “Now what?” Victor’s ghost appears and says, “It’s trying to stop you.” Then he fades into thin air.

12:00:45-12:00:58

Louis has buried Gage at the burial ground and returned home where Church eyes him menacingly with his glowing eyes. The rocks under which Gage is buried begin to move and a child’s hand reaches up.

12:01:47-12:06:25

The latch on the door unlocks and the door creaks open. Small feet are shown walking across the floor with the possessed cat Church following behind. A little boy’s shadow is visible on a door and he walks slowly toward it and opens it. His little hands are seen taking Louis’s medical bag and removing a scalpel from it.

Jud fell asleep on his porch, but wakes up and sees a child’s muddy footprints leading into his house. He goes inside and looks around. An object drops and rolls across the floor in the room beside him and he hears a child’s laughter. A child’s voice says “Let’s play hide-and-go-seek” and there is the sound of a child’s footsteps. Jud walks around inside his darkened house and more objects drop, this time from upstairs. Jud goes upstairs and calls for Gage to come out. Jud is in a dark room. He takes out a pocket knife and calls to Gage “I brought you something”. Jud is holding his knife at the ready. As he is about to look under the bed, Church jumps from somewhere and meows at him. As Jud looks up at the cat, a child’s hand reaches out from under the bed and slices Jud’s Achilles tendon with the scalpel. Blood spills from the cut. Jud rolls over onto his back, crying out in pain. There is a close-up of his shaking hand touching the wound and covered in blood. The cat’s glowing eyes stare at him. A sinister-looking Gage emerges and grits his teeth as he approaches Jud, who is at Gage’s eye level because he is sitting on the floor. Gage wields the scalpel and Jud’s face is full of fear. Jud screams and Gage slices the scalpel across Jud’s mouth horizontally. Blood comes out the sides of Jud’s mouth and he falls backward onto the floor. Gage gnaws at Jud’s neck. There is a close-up of Jud’s hand as he writhes in pain, but then the hand stops moving. There is a close-up of Jud’s face, dead, with the eyes open, frozen in fear, blood coming from his mouth, and an obvious neck wound where Gage bit him. Church looks on with his glowing eyes.

12:06:45-12:22:10

Rachel hitchhiked with a transport truck. When the driver drops her off in front of her house and she gets out of the truck, Victor’s ghost emerges to fill the seat she has just vacated. He turns to her and says, “Think nothing of it”, but Rachel still does not see him. The trucker says a few words and then Victor says “It’s the end of the line for me too. I’m not allowed any further.” Rachel says “I’m sure things’ll be fine.” Victor says, “I’m not” and slams the door. He fades away again.

As the truck drives away, Rachel hears her name being called and a cackle. She walks towards Jud’s house where the sound came from. She slowly walks up the steps and Church jumps onto the porch, meowing, which startles Rachel. Church snarls at her. Rachel enters Jud’s house and walks slowly around. There is a strange groaning noise and other mysterious sounds. Rachel calls out for Jud and then slowly walks upstairs. A voice calls “Rachel” in a drawn-out, eerie manner. Rachel opens the door to a bedroom and sees Zelda’s ghost hunched on the floor. Zelda stands up as much as she can. Zelda says, “I finally came back for you, Rachel. I’m going to twist your back like mine, so you’ll never get out of bed again. Never get out of bed again.” Zelda scampers closer to Rachel and yells “Never get out of bed again! Never get out of bed again!” Rachel closes her eyes and slumps against the doorframe. There is a close-up of Zelda’s scary face, cackling. The cackling turns into Gage’s giggling. Rachel opens her eyes again a second later and sees Gage dressed up in an old-fashioned hat & outfit with a cane. Rachel is stunned to see him. Gage says, “I brought you something, Mommy” and holds up the scalpel. Rachel goes to hug him. Gage is shown approaching her, then Rachel is heard screaming and there is a flashback to the scene of Gage being hit by the truck and Rachel screams louder.

The scene switches to daytime. Louis wakes up and falls out of his bed. He sees a child’s muddy footprints on the floor and then notices his medical bag is open with the scalpel removed from its case. He hears Gage’s laughter and footsteps. The phone rings and Louis answers. It is Rachel’s father asking if Rachel got back okay and if Louis can put her on the phone to talk to Ellie. Louis begins to realize what might have happened as he sees Gage’s footprints leading outside. He lies to Rachel’s father, telling him that Rachel is fine, but asleep. The father is heard telling Louis that he should wake Rachel up because Ellie is very upset because she had a dream that her mother was dead. Louis hangs up on his father-in-law and follows the footprints into the basement.

The phone rings again and Gage’s voice asks, “It’s Gage, Daddy. Can you come over and play with me? First I played with Jud. Then Mommy came and I played with Mommy. We played, Daddy. We had an awful good time. Now I want to play with you.” Louis says, “What did you do?” and Gage just giggles sinisterly. Louis yells again, “What did you do?”

The scene cuts to a close-up of Louis’s hand holding a syringe. Then Louis is seen crossing the road to Jud’s. Church is on Jud’s porch. Louis throws some steak down on the ground to distract Church. Church arches its back and hisses at Louis, but then starts eating the steak. Louis puts on surgical gloves. Louis grabs Church by the neck and holds him up. Louis injects the syringe into Church as Church mews. Louis puts Church on the ground beside the steak and yells “Go on, play dead. Be dead!” Louis lifts up Church’s head to check that Church is really dead, then lays him back down again.

Louis sees Rachel’s bag on the porch and walks up the porch steps. He enters the house; the door creaks. Louis calls out for Gage. There is a strange fog inside the house and a green substance covering the walls and stairs. Louis covers his mouth and nose as if the smell is bad. Louis picks up a sharp object on the stairs and hears Gage’s voice say, in a sinister manner, “Now I want to play with you.” Louis pulls out another syringe and says “All right, Gage. Let’s play.” Gage giggles and Louis slowly ascends the stairs. Louis goes into the bathroom and pulls the shower curtain back quickly. Gage is not there, but is heard laughing again. Louis slowly makes his way down the hall and into the bedroom. He pulls back the quilt that is hanging over the side of the bed and sees Jud’s dead body on the floor, with the eyes still wide and blood around the mouth. He hears Gage’s laughter again.

Louis goes out into the hallway again. Suddenly, the door to the attic falls open above him, and Rachel’s body falls out, hanging from a noose. Gage appears at the attic opening and then jumps onto Louis. Louis screams and tries to fight Gage off as Gage bites him in the arm. In the scuffle, Louis drops the syringe. Louis screams as Gage attacks him. Gage manages to slice Louis in the arm and above the eyebrow with the scalpel. There is a close-up of blood pouring from Louis’s wound. Louis tries to hold back Gage’s hand holding the scalpel and eventually Louis throws Gage off of him. Louis then gets out another syringe, but drops it. Louis scrambles to pick up the syringe with his one good arm, while Gage is crawling for the dropped scalpel. Gage picks up the scalpel and walks menacingly towards Louis, who is sitting on the floor with the syringe ready. Louis inserts the syringe into Gage’s neck and Gage cries out in pain. Gage manages to walk down the hall a ways, saying “No fair, no fair” before he collapses. Gage looks at Louis one more time and then slumps over in death. Louis looks at Gage as Rachel’s legs dangle in front of him.

The scene switches to Louis dumping gasoline all over the inside of Jud’s house. He lights a match and the fire travels along the gasoline trail, to Gage’s body which is then engulfed in flames.

Louis is then seen coming around the outside of the house carrying an adult-sized body wrapped in a sheet. It is clear that it is Rachel’s body from the high-heeled shoes on her feet, which are visible. Flames burst out each window as Louis walks past them.

Victor’s ghost stands on the road in front of Louis and tries to convince Louis not to make things worse. Louis replies, “I waited too long with Gage. With Rachel, it will work this time. Because she just died. She just died a little while ago.” Louis walks right through Victor’s ghost, which turns and shouts, “Louis, please don’t! Louis! Please!” before fading away. Louis walks down the path carrying Rachel’s body.

12:23:25-12:24:29

Louis has already buried Rachel in the burial ground and is sitting on his kitchen floor, still bleeding from his wounds, waiting for her to return in her resurrected form. He hears the door and a dirty female hand reaches in. Her muddy & bloody legs, one foot in a high-heeled shoe and one bare, are seen walking across the kitchen floor towards him. She is first shown from the back. An alarm clock rings to indicate that it is midnight. Then her face is visible. One eye socket is missing its eye and is gaping and bloody. A yellowish fluid drips from the socket and much of that side of her face is also covered in blood. Louis stands and Rachel smiles at him and says, “Darling”. As they kiss passionately, Rachel’s hand is seen picking up a large knife off the kitchen table. She raises it, the scene cuts to black and Louis is heard screaming “No!” along with the sound of a stabbing.

Friday the 13th: Part VII – The New Blood

October 31, 2019

4:45 pm

Super Channel was unable to provide the official logger for this broadcast. This video file therefore does not contain any classification or advisory. It has a time counter but it indicates running time, not actual clock time.

Friday the 13th is a series of horror movies about a psychotic killer named Jason Voorhees who wears a hockey mask on his killing rampages around Crystal Lake where he was believed to have died as a child. This instalment of the franchise was released in 1988. The story centres on Tina Shepard who has psychokinetic powers. As a young girl, Tina’s powers caused the death of her father at the lake. Her mother and psychiatrist Dr. Crews bring her back to her family’s lakeside cabin when she is a teenager because Dr. Crews claims it will help Tina work through her guilt about her father’s death. Next door, a group of teenagers has gathered to hold a surprise birthday party for their friend Michael.

The following are the times and descriptions of the most relevant scenes:

1:00:38-1:03:22

The scene is foggy and rainy. A male narrator’s voice says that there is a legend of Jason Voorhees’s curse, a killer buried but not dead who keeps coming back. There is a series of clips from previous movies as the narrator describes more of the curse. There is a close-up of a man walking, carrying a large knife.

A boy is by a window and a man wearing a hockey mask jumps through the glass and grabs the boy.

There is a close-up of a bloody blade being stabbed into wood.

There is a close-up of a hand holding a knife in front of a young girl who looks terrified.

Blood splatters on windows.

Jason stands in front of a child. Someone comes up to him from behind and as he turns, his hockey mask falls off to reveal a disfigured face. The child hits him with a sharp object and there is the sound of him being cut and blood appears on his face.

A tombstone that reads “Jason Voorhees” is struck by lightning and sparks fly off it and the stone explodes. An electrical current flows into the grave. There is a close-up of one eye opening in a disfigured face, with maggots crawling on it and then a man putting on the signature hockey mask and picking up a large weapon.

Another man shoots Jason with a gun, but then grunts. Blood splatters onto a windshield of a car in which a woman is sitting. The woman screams. Jason uses a spear to fling the man’s dead body away and then smashes the rear windshield.

Jason is holding another woman’s head in front of a mirror. She screams as he pushes her head into the mirror.

Jason is hiding in the woods, his mask covered in blood. He throws an axe towards a man who is standing on a dock. There is a close-up of the axe hitting the man in the head and then he falls back and lands in a boat tied to the dock.

A man is in a row boat on the lake and taunts Jason to come get him. Jason walks into the water. The man pours gasoline into the water around the boat and sets it on fire. A flaming Jason suddenly jumps out from under the water and grabs the man. The man attempts to wrap a chain around Jason, but Jason manages to pin the man down under him in the boat. Jason sinks with the chain around his neck and a boulder at the other end of the chain.

01:06:28-01:07:16

Jason is shown still chained to the boulder at the bottom of Crystal Lake. A little girl named Tina Shepard hears her parents fighting, including the sound of a slap as her father hits her mother. She runs to get into a row boat. Her parents chase after her, but she already has the boat out in the lake. She yells at her father that she hates him and gives him a menacing stare. The water bubbles up in the lake and the dock that her father is standing on begins to sway and crumble. The dock fully gives way and the father falls into the water. He is shown sinking to the bottom. Tina screams “Daddy!”

01:09:48

Nick: [to himself] “Great, asshole.”

01:12:29-01:12:36

Tina is now a teenager. She is arguing with her psychiatrist, Dr. Crews and shouts, “That’s bullshit!” A matchbook bursts into flames on a desk due to her telekinetic powers.

01:14:57-01:15:50

Tina is standing on the dock at the lake wishing she could bring her father back. Under the water, Jason’s body reanimates and the chains break. The water on the surface bubbles. Jason bursts up out of the water and Tina faints. Jason walks out of the water. Shown from behind, the bones in his back are visible through his tattered clothing. He walks slowly out of the water. Throughout the movie, he is wearing dark, tattered clothing with seaweed and other aquatic debris hanging off it.

01:16:36-01:16:45

Michael and Jane’s car has broken down on the road on the way to the lake. Michael, says, “Piece of shit”. Michael and Jane go into the woods.

01:19:44-01:21:00

Michael and Jane are walking in the woods. Jane is standing by herself because Michael has stepped away to urinate. Jason comes up behind her and slaps his hand over her mouth. Jason holds up a sharp object and lunges it toward Jane. There is the squishing sound of the object penetrating Jane as the camera shows her closing her eyes. Michael returns to Jane and sees that she is dead, her body pinned, standing upright, to a tree with a blade in her neck. Michael backs away. Jason pulls the blade out of Jane’s neck and the body slumps to the ground. Jason walks toward Michael and Michael runs. Jason follows. Jason throws the weapon at Michael. It stabs Michael in the back. Michael is crawling along the forest floor with the blade sticking out of his back and Jason in pursuit. Jason catches up to Michael, and pulls the bloody blade out of his back.

01:21:04

A character says, “Oh shit” as he is about to drop something.

01:22:23

Russell, one of the teenagers who has arranged the party at his uncle’s cabin, complains that his friends are eating all the food at his uncle’s cabin and says, “He’s going to shit”.

01:22:33

There is the sound of something breaking and one of the male teenagers says “Fuck!” One of the females says “Oh shit!”

01:23:10-01:23:46

Tina is at a party with the teenagers in the neighbouring cabin. David drinks a canned drink too quickly, causing him to spit and cough the liquid out of his mouth. At that moment, Tina has a vision of Michael with blood pouring out of his mouth, down his shirt and Jason is behind him, pulling a blade out of his back. Michael falls forward. Tina is startled and drops the glass bottle she is holding. Tina runs out of the cabin and back to her own. There is a spike stuck in the doorjamb.

01:26:33-01:28:07

A man named Dan and his girlfriend are camping in the woods. The girlfriend sends Dan to get some more wood for their fire. As Dan is carrying the logs back, Jason sneaks up behind him, plunges a blade into his back, covers Dan’s mouth and twists his neck. The bloody wound in Dan’s back is visible. Jason picks the blade up and walks away, leaving Dan’s dead body. Jason approaches the tent where Dan’s girlfriend is waiting in her yellow sleeping bag with one bare shoulder visible. Jason slices through the tent. The woman screams and covers her head with the sleeping bag. Jason drags the sleeping bag out of the tent with the woman trapped inside. He swings the bag, so it hits against a tree. He drops the sleeping bag and the woman’s face is bloody and her eyes open and vacant, indicating she is dead. There is blood on the sleeping bag.

01:34:50-01:34:58

Tina, her mother and Dr. Crews are arguing about whether they should stay at the cabin. The rising tempers trigger Tina’s telekinesis and a television set moves across the room toward Dr. Crews. He ducks so the television hits the picture on the wall behind him, causing it to fall and shatter.

01:35:13

Nick says, “Melissa was a bitch.”

01:36:34-01:37:53

Russell and his girlfriend Sandra are by the lake at night. Sandra takes off her clothes and encourages Russell to go for a skinny dip. She is shown only from the side and back, including her bare buttocks as she goes into the water. As Russell is removing his own clothes, Jason comes along. Russell sees him and backs away in fear. Jason takes out his blade and swings it at Russell as Russell yells “No!” When Sandra pops her head out from under the water, she sees Russell’s dead body lying on the beach, the face bloodied. She screams and Jason pops out from under the water near her. She screams even more and struggles in the water. Her bare buttocks and kicking legs are shown from under the water as she tries to escape Jason. Jason grabs her leg and pulls her under. One bare breast is visible from the side as she sinks.

01:38:59-01:01:39:08

Jason drags Sandra’s body out of the lake onto the beach.

01:39:43-01:40:00

Jason approaches the cabin with eerie sound effects.

01:41:29-01:42:19

Dr. Crews is taking a walk in the woods at night. He sees one of the dead bodies suspended in a tree and a bloody spike lying beside it. Dr. Crews picks up the spike. There is a flash of lightning. Dr. Crews drops the spike and runs away.

01:44:47-01:45:28

Tina has overheard her mother and Dr. Crews arguing over Tina’s treatment. She gets into her mother’s car and drives away from the cabin. As she is driving along the dark dirt road, she sees a vision of Jason impaling her mother with a spike. The mother writhes in pain and there is a bloody wound in the middle of her torso as Jason moves the blade up and down. The hallucination causes Tina to drive off the road.

01:47:45-01:49:57

Maddy is outside in the dark. Russell’s dead body drops from a tree in front of her and she gasps and screams. Maddy runs into a shed. Jason follows. Maddy tries to hide in a corner and be quiet. She has her back up against an interior wall. Jason breaks one arm through it on one side of Maddy, holding her so she cannot get away. His other hand breaks through the other side, holding a blade. Maddy screams and the scene cuts to the woods where Tina is running.

01:50:26-01:53:19

Jason goes to the teenagers’ cabin. Melissa and Eddie are clothed, lying on a bed kissing. Robin and David are in another room, naked, but covered with bedsheets as they kiss and make out. Ben and Kate are having sex in a van parked outside the cabin. The latter couple notices the van is shaking. Kate suggests it might be Michael who has finally arrived to the party. Ben replies, “Yeah, right. Happy fucking birthday.” They open the van door, but see no one. Ben says, “The motherfucker’s out there.” Ben goes outside the van to look for Michael, holding a birthday horn noisemaker. Jason comes up behind him and grabs Ben’s head. Ben struggles and grunts. Kate sticks her head out the van window and calls for Ben. Jason grabs her and shoves the horn noisemaker into her face.

01:54:30-01:57:34

Jason pulls the main power wire on the outside of the cabin, causing all the lights to go out inside. Robin and David continue to make out. Meanwhile, Tina and Nick are running through the woods. They find Michael’s dead body suspended in the tree. His eyes are vacant and Tina flashes back to the vision she had of Michael with blood dripping from his mouth. Back at the cabin, Jason’s feet are seen entering the cabin. David and Robin are in the bed upstairs. David tries to get out of bed, but falls over because he is stoned. Robin sits up and giggles, the sheet falling to reveal her bare breasts. David goes downstairs carrying a flashlight. There is thunder and lightning outside. David notices a sticky substance on the floor (presumably blood) and says, “What the fuck?” Jason, carrying a large knife, comes up behind David as David is looking in the fridge. David stands up, turns around and Jason stabs him in the torso with the knife. David falls to the floor with the blade stuck in him.

01:58:27-02:04:50

Tina and Nick are back at Tina’s cabin. She finds newspaper clippings in a desk drawer about the killer whose body was never found and realizes that was the figure she saw emerge from the lake. She is overcome with emotion, which triggers her telekinesis. Everything in the room begins to shake with pictures on the walls and books falling down, and lamps breaking. Meanwhile, back at the other cabin, Eddie is reading Michael’s birthday cards after being rejected by Melissa. “’Happy birthday, Michael. You lucky son of a bitch. Many happy returns. Love, Melissa’. Cunt.” Jason walks around the cabin, unbeknownst to Eddie. Eddie is sitting on the couch, opening some of Michael’s birthday gifts. Jason comes behind him, but Eddie does not turn around at first, thinking it is Melissa. Eddie then turns around, looks startled and Jason stabs him in the neck. Jason’s feet are seen walking up the stairs. Robin is lying in bed waiting for David to come back. She sits up. Her breasts are visible again as she lets the sheet drop and puts on her shirt. Robin gets up and leaves the room to search for the others. She calls out to them, but no one responds. She goes into another room and shines her flashlight around. She hears something in the closet. She slowly opens the door and a cat jumps out. Robin sits down and snuggles with the cat. The cat jumps away and Robin notices there is blood on the blanket covering the window seat where she is sitting. Then she sees a severed head and screams. Jason barges into the room and Robin screams more. She backs away from him, but he grabs her by the throat, picks her up and throws her out the second-storey window. Robin lands on the ground with a thud.

02:06:08-02:07:02

Mrs. Shepard and Dr. Crews are in the woods looking for Tina. When Dr. Crews says he is going back to the cabin, Mrs. Shepard says, “You’re not just a lousy doctor. You’re a fucking coward”. Jason comes up behind her carrying a large blade. Mrs. Shepard gasps and both she and Dr. Crews run. Jason catches up to them and stabs Mrs. Shepard in the back while Dr. Crews holds her and blood splatters onto his face.

02:07:16-02:07:28

Nick is in the teenagers’ cabin looking for everyone. He sees Eddie’s dead body with a stab wound at the neck lying under the living room table.

02:09:53-02:11:09

Dr. Crews is in the woods, running. He stops for a second and hears the sound of an electric saw. Jason appears with an electric rotating saw on a long handle. Dr. Crews runs. Jason follows Dr. Crews with the saw. At one point the saw noise stops. Dr. Crews slows down and looks around. Jason comes up behind him and knocks Dr. Crews to the ground. Dr. Crews somersaults backwards and Jason starts up the saw again. Dr. Crews looks up at Jason, terrified, as Jason lowers the saw onto him. The saw is shown briefly touching Dr. Crews’s torso, but then the camera moves to Dr. Crews’s face, which goes dead as the sound of the saw continues.

02:11:09-02:15:50

Tina finds her mother’s dead body lying in the woods. There is blood all over Mrs. Shepard’s shirt. Tina cries and says “Oh, god”. Tina continues on into the woods and sees Jason from afar. Tina follows Jason and comes across Kate’s body situated in a tree. Tina touches the body and Kate’s head falls back, showing the noisemaker horn shoved in Kate’s eye. Tina backs up a step and bumps into Sandra’s naked dead body on the ground as well as that of Maddy splayed in a tree. There is a close-up of Maddy’s wrist with two nails through it, keeping her affixed to the tree and another close-up of Maddy’s slit neck. Suddenly, Russell’s body falls hanging upside down from a higher branch. The face is bloody and Tina screams.

Tina runs and finds herself face to face with Jason on the road. Tina uses her telekinetic powers to cause a tree branch to entwine Jason and knock him into a deep mud puddle. Tina then causes a power line to fall from an electrical post and go into the puddle. Sparks and electrical bolts fly as Jason struggles and then falls face first into the puddle. Tina approaches the puddle and looks at Jason’s lifeless body. Suddenly, he stands up again and Tina runs. Jason follows her. Tina makes her way back to the teenagers’ cabin, but it is dark and empty. Jason jumps through a glass window in front of her. Tina screams. Tina and Jason stare at each other as Tina backs out of the room. She uses her telekinetic powers to close the kitchen doors on him and barricade it with a table. Jason pushes the table aside and pries the doors open. Tina cries and backs further away from him. She uses her powers to pick up the couch and cause it to knock over Jason. Tina stumbles backward onto a step. She puts her hand down and realizes she is touching the severed head of one of the other teenagers, which has been placed in a flower pot. She screams as Jason pushes the couch off himself. Tina causes the flower pot containing the severed head to fly across the room and knock Jason over. Tina manages to get out the front door and down the front steps. She turns and watches Jason come out the door. She uses her powers to cause the porch to crumble around him, including the wooden porch roof, which crushes Jason.

02:16:19-02:16:21

Tina has gone back to her own cabin where Nick and Melissa are and told them she killed Jason. Outside, Jason’s scary hand pops up from the porch wreckage.

02:16:36-02:24:03

Jason’s hand is shown picking up an axe. Inside Tina’s cabin, Nick tries to convince Melissa not to go outside. Melissa responds, “Fuck you! No, no. Fuck you both!” Melissa opens the door to leave, but Jason is standing right there. Tina screams and Melissa is stunned speechless. Jason steps into the cabin and hits Melissa with the axe. The axe is stuck in her head and he throws the body across the room, causing it to slide over the television set and into a lamp. Nick puts himself between Tina and Jason. He yells at Tina to go out the door, but Jason slams it shut. Tina and Nick try to run up the stairs, but Jason manages to grab at Nick’s clothes, causing Nick to stumble. Nick manages to scramble up the stairs after Tina. As Jason slowly makes his way up the stairs, Tina stands at the top of the staircase and uses her powers to cause a hanging light to fall and knock Jason backwards down the stairs. The wooden stairs give way under Jason’s weight. Nick and Tina go back down the stairs, carefully stepping over the gap where Jason fell through. As they are about to open the front door, Jason bursts through the wood under the stairs and grabs Nick. Jason throws Nick to the ground and places his boot on Nick’s back. Tina screams and then stares at Jason’s back, his back bones still visible through his tattered clothing. There is a close-up of the hairless, grotesque back of Jason’s head as Tina causes whitish-yellowish goo to ooze from it. Jason turns around to face her. Her telekinetic powers cause his hockey mask to burst off his face, revealing a greyish decayed face with bloodshot eyes, nostril holes but no nose, and sparse, yellow, crooked teeth. He turns his head to reveal a bloody wound in the side of his head. Tina causes a light above him to shatter and the cord coils around Jason’s neck. The cord rises, taking Jason with hit, as he struggles and chokes. Tina causes the floor below him to break and open up into a hole. Then the cord breaks and Jason falls into the hole to the basement. Tina sees Jason’s unmoving body lying in the basement below. The camera zooms in on his disfigured face and he opens his eyes. Tina is checking to see if Nick is alive. Jason reaches up and grabs Tina. She screams as he pulls her down into the basement. He stares at her and rips the light cord from his neck. Tina causes a jar of nails to pierce Jason. Jason pulls out the nail that went into his forehead. Tina causes a can of gasoline to spray at Jason. Jason tries to avoid the spray. Tina causes the stove to ignite and shoot fire out into the basement. Tina stares at Jason’s gory face and causes a large fireball to explode from the stove toward Jason. Jason is engulfed in flames and stumbles around the basement, eventually falling over. Nick and Tina run out of the house as burning boards fall around them. They make it to the dock before the house explodes in a fireball.

Tina and Nick are hugging on the dock when suddenly Jason grabs Tina and throws her away from Nick. Nick and Jason face each other. Nick shoots Jason with the pistol he has been carrying. Jason flinches with each shot, but keeps moving towards Nick. Jason gets close enough to knock the pistol out of Nick’s hand and into the lake. Jason pushes Nick off the dock and Nick lands in a boat. Jason turns back to Tina and starts walking toward her. She is lying on the dock, holding her leg as if it is injured. She uses her telekinetic powers and the lake starts to bubble. Her father bursts through the wooden dock and grabs Jason’s legs, then wraps a chain around Jason’s neck and pulls him into the water. Tina faints.

Saw 3D: The Final Chapter

October 31, 2019

8:08 pm

Saw 3D: The Final Chapter is the seventh movie in the Saw horror film series, theatrically released in 2010. The movies centre on a serial killer nicknamed Jigsaw, whose real name is John Kramer. Jigsaw forces people to undergo various elaborate torture traps. He believes that if they survive these challenges, they will be rehabilitated from whatever problems they have. The backstory to Saw 3D is that Jigsaw has died, but his ex-wife Jill Tuck and a disturbed police officer named Mark Hoffman (who became Jigsaw’s assistant) are now competing to continue Jigsaw’s legacy. A man named Bobby Dagen has become a celebrity motivational speaker after writing a book about surviving Jigsaw’s torture, but the public is unaware that Bobby fabricated the whole story.

The broadcast was preceded by a viewer advisory in audio and video formats at 8:08 pm:

[words on screen]

The following presentation is rated

       |18A|

Viewer discretion is advised.

          |MS| Mature Subject Matter

|CL| Coarse Language       |V| Violence

[voice-over] The following presentation is rated 18A. This presentation deals with mature subject matter and contains scenes with violence and coarse language.

The following are the times and descriptions of the most relevant scenes.

8:09:48-8:10:15

There is a series of quick images appearing on a screen. They show two men covered in blood. One points something at the other that makes a zapping sound. The other man screams and tries to grab something. The first man closes a set of heavy doors. The screen cuts to black. Then the camera pans along a thick trail of blood until it shows a foot dragging along the ground.

8:10:19-8:10:28

Dr. Lawrence Gordon is crawling along the floor of an industrial-type building, pushing himself with his hands and one foot. His other leg is a bloody stump, losing a lot of blood as he travels.

8:10:57-8:11:32

Lawrence is crawling along the floor and arrives at a steaming pipe. He reaches out and feels that the steam is very hot. He rolls up his pant leg to reveal the bloody stump. He forces himself to hold the stump to the hot metal in order to cauterize it. There is a close-up of this act. Lawrence screams in pain as he holds it there for a few seconds.

8:11:48-8:17:05

There is a windowed enclosure in the middle of a public street. Two men, Brad and Ryan, appear to be unconscious at either end of a worktable with a circular saw in front of each of them. People begin to gather by the window to see what is going on. They both wake up and realize they are bound to the table. They say “What the fuck is this?” and “What the fuck are you doing here?” They struggle to free themselves from the wrist cuffs that bind them to the table, while the onlookers look alarmed. The men yell at the onlookers to help them. A cover drops to reveal a woman, Dina, is suspended in a contraption on the ceiling. She also looks scared and says “Let me out of here!” Brad yells at the onlookers to “Break the fucking glass”. A woman tries to break it with her bag, but it does not work. A scary looking puppet comes around the corner on a tricycle. The puppet has a white face with red lips and what looks like blood dripping from it. It has bulging cheeks with red concentric circles on them, black sockets for eyes and unruly black, shoulder-length hair. In a sinister robotic voice, the puppet explains that Dina has been playing both men, convincing them to do criminal acts to fulfill her material needs. The puppet says she is toxic and to get out of the triangle, the men must compete to push the saw all the way to the other side (thus killing the other) or “walk away” and let Dina die. Brad yells to the onlookers “What are you fucking staring at, you motherfuckers?! Do something!” The saws and a timer start, counting down 60 seconds. Ryan yells “Oh, fuck!” and Dina screams as the saws whir. Brad & Ryan push the saw back and forth with each one almost getting killed. The words “asshole” and “bitch” are used during the struggle. Ryan pushes the saw enough to scratch Brad, so there is blood on Brad’s shirt and neck. Dina encourages whomever is currently winning to kill the other man. They all yell “fuck” a number of times. Then Ryan convinces Brad that Dina is not worth their lives. The rotating saw in the middle of the device gets closer to Dina as she screams. The saw goes through her midsection as she screams and her blood splatters all over Brad, Ryan, the puppet and the window. The saw causes her guts to fall out and fall to the floor with a splat. Dina goes limp as the saw continues to slice her in half.

8:17:15-8:19:49

Jill Tuck enters a room in an industrial-type building where Mark Hoffman is sitting in a chair with his back to her. She points a device at him that makes an electrical zapping sound and his body convulses. Then she puts a contraption known as a reverse bear trap over his head and fastens it. Jill says “Game over” and seals Hoffman inside the room. She hears him scream, but then the glass on the small window of the door breaks. Hoffman’s face appears and he has inserted the mouthpiece of the contraption he is wearing between the bars on the window. Jill runs away as Hoffman manages to free himself from the contraption, but not without a lot of blood resulting around his mouth. The clawed contraption closes shut on itself and falls to the ground. Hoffman screams as blood pours down his body from his mouth. Jill runs through the warehouse, but Hoffman follows her. Jill hides behind a utility shelf, watching as Hoffman gets some white fabric and wraps it around his injured hand. Hoffman takes the contraption to another area where there are multiple versions of the puppet mask lying around. Hoffman sews stitches into his own facial injury as he listens to a television news report about a grisly crime scene.

8:26:21-8:27:32

Jill leaves the police station at nighttime. It is foggy. She sees a tricycle outside like the one the puppet was riding in the earlier scene. Someone rushes to her and covers her mouth with his hand. The scene cuts to black for a second. A gloved hand is shown in close-up turning on some machinery. Hoffman pulls a starter cord and an electric blade saw starts up. The gears have the same white & red spiral as the puppet’s cheeks. The device is set up on railroad tracks which have been assembled inside a warehouse. Jill is in a short, sleeveless pink dress. She is standing at the other end of the tracks with her hands tied up to posts on either side of her. Hoffman, who still has his wound from the contraption, says, “You want to know the only thing wrong with killing you, Jill? I can only do it once.” He sets the machine in motion. It rolls down the track as Jill screams. On impact, Jill’s body flies backward and blood splatters. Her bloody body flops down, sliced in two. Jill wakes up, implying the previous scene was just a dream.

8:27:40-8:31:03

The camera pans up a man’s legs, Evan, as he struggles to free them from under a steering wheel. Evan has a shaved head, is shirtless and has many tattoos. He notices he is sitting in a car with a shattered windshield, but the car is inside a large garage. He struggles and screams. There is blood on his back where it touches the seat. It is shown that his legs are chained to the car. The scary puppet voice tells Evan that he, his friends and girlfriend are racist and are in a situation of their own making. The car’s headlights go on to reveal one of Evan’s male friends is chained to a garage door in front of the car. That man yells “Fuck, get me out of here!”. Another male friend is tied up behind the car with a band around his forehead and chains attached to his tongue and both arms. A female friend is tied up with ropes on a board lying under the car. The puppet voice tells Evan that in 30 seconds the jack holding up the car will fall setting off a deadly chain of events. To stop it from happening, Evan must tear himself away from the seat to which he is glued and pull a red lever. The voice tells Evan he has judged people by the colour of their skin, but today he will learn that they are all the same colour inside. The timer starts and all four people start screaming. There is a close-up of Evan’s bloody back as he tries to tear himself from the glued seat. He manages to get the back of one arm free, but he cries out in pain. He tries the other arm and there is a close-up of his skin tearing. The main chained to the door yells, “Do it! Fucking do it!” Evan screams and strains to reach the lever as his skin tears and peels from the seat. They all scream and Evan’s skin peels away more from the seat.

The timer stops. The car’s wheel falls onto the female’s face, then rolls the length of her body, crushing and maiming her, with blood splattering. The man who was chained behind the car has his two arms and tongue ripped off his body. Then the car plows forward, running down the man chained to the door. The car bursts out the door and rams into another car sitting in the junkyard outside. Evan flies from the car and through the windshield of the other car. The viewer can see the blood and tissue on his back where all the skin tore off from the glued seat.

8:31:47-8:32:08

Bobby Dagen is facilitating a survivors of Jigsaw support group. A woman named Sidney is describing her experience and it is shown in flashback. Sidney and a man are hanging from bars over a large group of fan blades. They are facing each other. Sidney takes a swing at the man and he falls into the blades, splattering Sidney with blood. Sidney screams.